23.10.21
10:33

La Russie lance un mandat d'arrêt contre un lanceur d'alerte sur les tortures en prison

La Russie a placé sur la liste des personnes recherchées un ressortissant bélarusse ayant demandé l'asile politique en France, après avoir été à l'origine de révélations d'ampleur sur des viols et tortures systématiques dans les prisons russes.

Selon une notice publiée sur le site du ministère russe de l'Intérieur, consultée samedi par l'AFP, Sergueï Savelev, 31 ans, est recherché dans le cadre d'une affaire pénale, sans plus de précisions.

Le jeune homme a été emprisonné sept ans et demi en Russie pour une affaire de trafic de drogues et libéré en février 2021.

Lors de sa détention, sous couvert d'opération de maintenance informatique, il dit avoir téléchargé une grande quantité de vidéos montrant des mauvais traitements et des viols organisés à travers l'immense système pénitentiaire russe. 

Début octobre, la publication d'une de ces vidéos insoutenables, celle du viol d'un détenu avec une perche dans une prison-hôpital de Saratov, a suscité un scandale en Russie.

Le Kremlin a promis l'ouverture d'enquêtes sur ces dérives et au moins quatre responsables des services carcéraux ont été limogés.

Disant toutefois craindre des représailles des autorités russes, Sergueï Savelev est arrivé la semaine dernière en France où il a demandé l'asile politique. 

Dans un entretien à l'AFP, il a affirmé avoir agi car il lui était "très difficile psychologiquement" de garder de telles horreurs pour lui.

L'ONG Gulagu.net, qui a publié ces images, a dénoncé samedi la décision de Moscou de poursuivre "celui qui a mis en lumière une usine à tortures".

"Les services de sécurité russes révèlent eux-mêmes leur vraie nature et essayent de faire taire un homme qui a permis d'alerter le monde sur des crimes contre l'humanité", a indiqué Gulagu.net, dans un message publié sur son compte Telegram. 

Le système pénitentiaire russe est très régulièrement entaché de scandales de tortures, commises de façon quasi-institutionnalisée par des gardiens ou d'autres détenus à leurs ordres, notamment afin d'obtenir des aveux sous la contrainte.

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