21.10.21
08:57

Au rapport ! Bolsonaro est accusé d’avoir laissé mourir le Brésil face au Covid

Avec plus de 600.000 morts et 21 millions de contaminations, une Commission d'enquête l’accuse d’avoir délibérément laissé le Covid tuer les Brésiliens. Lui, a déjà déclaré qu’il était “non coupable". Les détails avec Julia Vanderborght.

Au Brésil, le président Bolsonaro fait face à de lourdes accusations liées à sa gestion du Covid-19.

Avec plus de 600.000 morts et 21 millions de contaminations, une Commission d'enquête l’accuse d’avoir délibérément laissé le Covid tuer les Brésiliens. Lui, a déjà déclaré qu’il était “non coupable".

Bolsonaro a tout simplement passé son temps à minimiser la crise. Rappelez-vous de ses discours où il demandait à son pays d’arrêter d’être un “pays de pédés qui avait peur de mourir.” Oui, parce que le président brésilien n’est pas seulement anti-vax, il est aussi homophobe.

Au point fort de la crise, en mars 2020, il disait, comme Maggie De Block (oups), qu’il n’y avait aucune raison de paniquer, que ce n’était quand même pas une petite gripette qui allait nous effrayer.

Plus tard, en juillet 2020, il a été testé positif au covid, (karma), et cela ne l’a pas arrêté. Il a été filmé en public, à embrasser ses supporters, etc... Et en bon Covid sceptique qui se respecte, il a évidement vanté les mérites de l’hydroxychloroquine.

Sans surprise, il s’oppose donc à la vaccination et au pass sanitaire. Ce qui lui avait valu cette photo, lors de l’assemblée générale des Nations Unies, où on le voit manger une pizza dans la rue puisque le pass sanitaire est obligatoire pour rentrer dans les restos à NY.

Il tient à être le dernier Brésilien à se faire vacciner et il risque bien de tout faire pour obtenir le titre.

Les accusations de la commission d'enquête sont cependant des accusations très graves. Dix chefs d’accusation sont retenus contre Bolsonaro. Le rapport fait près de 1200 pages et l’accuse de “crimes intentionnels”.

On parle entre autres de charlatanisme et de crime contre l’humanité. On peut aussi lire que 66 personnes et 2 entreprises sont incriminées. On trouve dans cette liste des anciens ministre de la Santé, des affaires étrangères et de la défense. Mais aussi trois des fils du président. Ils sont accusés avec leur père d’avoir formé “un commando de la désinformation sur la pandémie” qui aurait été relayé par les réseaux sociaux et par des élus.

Autre scandale. La commission s’est aussi penchée sur les relations entre le gouvernement et des mutuelles privées. L’une d’entre-elles est soupçonnée d’avoir testé des traitements non vérifiés, à l'insu de près de 600 patients devenus des cobayes humains.

Le rapport propose aussi des indemnités pour les familles des plus de 600.000 victimes du Covid.

Mais Bolsonaro peut-il vraiment être condamné ?

Pour cela, il faut que le président brésilien, sur la base de ce rapport, soit inculpé par le parquet.  la cour pénale internationale.

Le problème, c’est qu’au niveau national, le le procureur général qui va recevoir le rapport est un allié de Bolsonaro. Il y a aussi la possibilité d'entamer une procédure de destitution, mais là encore, le président bénéficie toujours d'une majorité au Parlement pour éviter cela.

Par contre, en plus de 5 mois d'audition, la commission a révélé plusieurs scandales autour de l’achat des vaccins et des traitements inefficaces. Mais aussi des témoignages bouleversants de familles touchées. Donc tout ça risque d’avoir un impact sur sa popularité.

Enfin, ces révélations pourraient en effet avoir un impact considérable pour le président actuel. La campagne présidentielle commence en mars et d’anciens électeurs ont déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas pour lui.

Le Covid-19, et toutes les images que l’on connaît, entre les files pour l’oxygène, les cimetières et crématoriums à ciel ouvert. Tout ça aura un impact. Et maintenant, ce rapport offre à ses opposants une arme concrète à dégainer contre lui.

 

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