13.10.21
13:01

Sami Haenen condamné à un an de prison avec sursis pour délit de presse et menaces envers des femmes

Sami Haenen a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire de deux ans pour délit de presse et menaces envers des femmes.

Cet après-midi, Sami Haenen a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire de deux ans pour délit de presse et menaces envers des femmes et féministes par la cour d'assises de Liège, mais est acquitté pour les faits d'incitation à la haine. Le débat sur la peine doit encore se tenir. "Ses propos inspirent des craintes sérieuses, peu importe leur réalisation ou non. Il y avait menace claire d'un attentat," a indiqué la cour.

L’avocate général avait demandé une sanction utile, pour un comportement étrange et troublant. Le milieu familial de Sami Haenen est certes compliqué mais elle demandait de la sévérité pour cette personnalité asociale qui menace la moitié des êtres humains de la planète. Elle réclamait également de lui interdire de publier des messages sur les réseaux sociaux, ce que ne voulait pas l'accusé. 

"Mon client est quelqu'un de touchant gentil, aimable, poli" avait répliqué la défense. "Il faut de la mesure et du dialogue. Un peu d'humanité pour ce garçon. Aidez le à préparer son futur".

Les faits se sont passés entre le 12 et le 19 octobre 2020. Sami Haenen promettait de devenir "le nouvel Elliot Rodger", un tueur de masse. Ce célibataire, très actif notamment sur Facebook et Twitter, avait l'habitude de s'en prendre aux femmes, jugées responsables de sa "misère sexuelle et affective". Il ponctuait ses propos haineux de critiques sur leur habillement ou leur supposée attitude "provocante".

Face aux réactions indignées, il a surenchéri et publié en octobre 2020 une courte vidéo dans laquelle il apparaissait armé d'une batte de base-ball et menaçait de s'en prendre aux féministes, selon l'accusation. Il y faisait référence à Elliot Rodger, un Américain qui avait proclamé sa haine de la société et des femmes avant de tuer six personnes, dont trois femmes, en 2014 en Californie. L'étudiant s'était ensuite suicidé.

En Belgique, le "délit de presse" relève d'un jury populaire de cour d'assises, comme le prévoit la Constitution. Des exceptions sont prévues pour des propos relevant de l'incitation à la haine raciale, susceptibles d'être jugés par un tribunal correctionnel. Mais s'agissant de propos publics sexistes ou misogynes, "il n'y avait pas de correctionnalisation possible", ont estimé les magistrats de la juridiction de renvoi. Joint par l'AFP, Alexandre Wilmotte, avocat de l'accusé, a dénoncé une décision "démesurée" au préjudice de son client.

"Personne n'imagine qu'en publiant sur Facebook, on puisse se retrouver un jour devant une cour d'assises", a affirmé l'avocat. "Oui, il a fait référence à Elliot Rodger mais n'a jamais dit ni écrit qu'il partageait ses idées et avait l'intention de faire la même chose", a ajouté Me Wilmotte.

Lundi matin, devant la cour, M. Haenen a défendu le droit à s'exprimer librement sur l'"hypersexualisation de la société" et a affirmé que "le pouvoir de séduction des femmes" était "beaucoup plus élevé" que celui des hommes. "Les médias parlent beaucoup de féminisme mais pas beaucoup de ce que peuvent vivre certains hommes au quotidien", a dit le trentenaire. Il a aussi justifié la publication de la vidéo de menaces par le fait qu'il se sentait lui-même "en danger de mort" après de premiers propos haineux. "Je sais que c'est une bêtise, je voulais juste qu'on me laisse tranquille", a-t-il lâché, assurant ne posséder aucune arme à feu.

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