11.10.21
19:03

Le chef de l’ONU dénonce des promesses talibanes non tenues à l’égard des femmes

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a dénoncé lundi des promesses non tenues par les talibans en Afghanistan à l’égard des femmes et des filles, appelant aussi le monde à financer ce pays pour éviter son effondrement économique.

"J’exhorte les talibans à tenir leurs promesses envers les femmes et les filles et à remplir leurs obligations en vertu du droit international des droits humains et du droit humanitaire", a-t-il affirmé.

"Nous ne lâcherons rien" à cet égard, a souligné le responsable de l’ONU, en assurant que l’Organisation parlait de cette situation tous les jours avec les talibans, au pouvoir depuis la mi-août mais à la légitimité internationale toujours contestée à ce jour.

"Les promesses non tenues conduisent à des rêves brisés pour les femmes et les filles d’Afghanistan", a continué Antonio Guterres en rappelant que, depuis 2001, "le temps moyen à l’école est passé de six à dix ans".

"Quatre-vingt pour cent de l’économie afghane est informelle, avec un rôle prépondérant des femmes. Sans elles, il n’y a aucune chance que l’économie et la société afghanes se rétablissent", a-t-il prévenu.

Pour éviter un effondrement économique de l’Afghanistan, alors que des avoirs afghans sont bloqués et que l’aide au développement a été stoppée, "j’exhorte le monde à agir et à injecter des liquidités dans l’économie afghane", a aussi déclaré le chef de l’ONU.

"Nous devons trouver des moyens de redonner du souffle à l’économie" et "cela peut être fait sans violer les lois internationales", a-t-il jugé.

Selon des responsables de l’ONU, le versement de fonds internationaux ou venant de fonds afghans gelés à des agences onusiennes ou des organisations non gouvernementales qui payent ensuite sur le terrain des salaires à des Afghans est envisageable. 

Cette méthode, avec des exemptions bancaires autorisées notamment par les États-Unis, a déjà été utilisée auparavant pour le Yémen. Pour Antonio Guterres, "la communauté internationale bouge trop lentement" pour injecter des liquidités dans l’économie afghane.

 

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