21.09.21
09:20

Football : le Standard confirme une situation financière difficile

Après la Gantoise, c’est le Standard qui est à l’affut d’investissements. Le Covid est passé par là, le club a fait un certain nombre d’assainissements la saison passée, des anciens joueurs iconiques du club ont injecté du cash mais ça ne suffit pas aujourd’hui pour le maintenir à flot.

Il y a un an déjà, les "Rouches" avaient eu du mal à obtenir leur licence de club professionnel. Les finances du club étaient jugées trop instables par la commission des licences. Pilule difficile à avaler pour un club présent en 1ere division sans interruption depuis 1921, le Standard détient d’ailleurs le record national du nombre de participations consécutives. L’an dernier des icônes du club comme Michel Preud'homme, Marouane Fellaini et Axel Witsel, ont mis généreusement la main au portefeuille. Peu après, les parkings autour du stade ont été vendus. Ça a mis temporairement les finances à flot.

Pour la nouvelle saison, il n'y avait tout simplement pas d'argent pour financer des achats de joueurs ou pour payer les hauts salaires. Le club a vendu des talents au mercato, Michel-Ange Balikwisha par exemple, et on s'attend à ce que les jeunes joueurs Nicolas Raskin et Hugo Siquet suivent le même chemin au prochain mercato.

 
Hélas, les ventes de Balikwisha ou de Zinho Vanheusden n’ont pas permis de résoudre tous les problèmes. Le club a donc procédé à une opération financière inédite dans le football, se faire prépayer les droits de diffusion Télé par une banque, en l’occurrence la banque allemande  RAISIN BANKDepuis quelques mois, c’est donc la Pro League, (qui elle-même touche les droits TV de "Eleven SPORT" avant de les redistribuer à ses membres) qui rembourse cette banque allemande à chaque échéance prévue de paiement de droits TV. C’est une opération risquée qu’on appelle le factoring et qui permet de recevoir toutes le recettes des retransmissions des matches à venir dès maintenant. La commission et les taux d’intérêt sont très élevés. C’est une mesure très court-termiste car le club perd de l’argent au final… mais il reçoit la somme immédiatement.

L’épidémie de COVID a tout simplement cassé son modèle économique. Pendant des années, le modèle économique du Standard était simple et efficace : ses meilleurs joueurs se faisaient d’abord une notoriété au Standard avant d’aller jouer dans des clubs plus important. Le gains des ventes  permettaient de couvrir les pertes d'exploitation. Aujourd'hui, ce modèle ne suffit plus. Les comptes sont sains en apparence, mais c’est artificiel. Les revenus sont passés de 61 à 81 millions d'euros. En fait, ces chiffres sont surtout dus à la vente du stade, autre carte jouée par le club pour renflouer ses caisses. Mais c’est une carte qu’on ne peut jouer qu’une fois et qui est lourde de conséquences. Si on fait abstraction de ça, le chiffre d'affaires a reculé de 50 à 43 millions d’euros. C'est peu pour un club de première division. D’autant que la dette du club s’élève à 21 millions d'euros et que les revenus commerciaux récurrents ne permettent que d’absorber les frais de personnel qui s’élèvent à 39 millions d'euros par an. Le club liégeois navigue à vue.

Un bref regard dans le rétroviseur nous rappelle que l'année dernière, déjà, on parlait du sauvetage du club. L'entrepreneur liégeois François Fornieri avait conclu un accord de rachat de la moitié du club pour 15 millions d'euros. Il était également question d'une reprise complète du club à terme. L'accord a été rompu in extremis. On ne sait pas vraiment pourquoi, mais ce qui est clair, c’est qu’au moment de l’élaboration du deal, début janvier 2021, Fornieri s'est retrouvé dans le collimateur de la justice, soupçonné de délit d'initié. Ça l’a certainement dévié de ses préoccupations footballistiques.

Cependant, des difficultés de ce type touchent beaucoup de club. La Gantoise est à la recherche d’investisseurs, même si ses finances sont beaucoup plus saines que celles du Standard. Anderlecht cherche également des capitaux frais. Courtrai et Malines sont à vendre. Aujourd’hui, seules 11 des 26 équipes de première et deuxième divisions se trouvent encore dans des mains 100% belges. C’est dire les interventions dans les capital des clubs que la crise du COVID a généré.

Reste à voir ce que va faire le Standard pour se tirer d’affaire? Selon le journal l’Écho de ce matin, Bruno Venanzi, le propriétaire du Standard à hauteur de 99,9% aurait demandé au consultant PwC de chercher un investisseur pour le club. Cette information a été confirmée par le club. Mais voilà  Bruno Venanzi serait prêt à vendre une participation dans le club tout en conservant la majorité des actions. La question est de savoir si des investisseurs seront prêts à injecter des millions d'euros en échange d’un contrôle limité sur le club liégeois.

 

Julien Bal

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