18.09.21
08:39

Le tourisme polynésien craint l'avenir à cause du Covid

Le secteur du tourisme, crucial pour la Polynésie, a de nouveau été durement frappé par la crise du Covid-19 depuis la fin juillet, et les entreprises craignent de ne pas pouvoir remonter la pente malgré le déconfinement progressif annoncé jeudi à Papeete.

Financièrement, non seulement "on n'a pas travaillé", mais en plus, il faut "rembourser les croisières", car si deux ou trois clients ont accepté des reports, Tahiti Liberty Cruises, petite entreprise de bateaux de croisières, "fait face à des annulations massives", explique son gérant Richard Salmeron.

Propriétaire de trois bateaux de croisière, il était sur le point d'en acheter un quatrième en 2020 au moment du premier confinement. Mais il a finalement différé cet achat, a même vendu l'un de ses bateaux pour maintenir l'activité lors cette première période de crise et a dû licencier un skipper.

Avec la reprise de l'épidémie et le confinement, "ça fait un mois qu'on n'a pratiquement plus d'actions sur le site", juste "des gens qui disent qu'ils se renseignent pour des séjours en 2022 ou 2023".

Du coup, l'avenir risque d'être sombre: "la première année, on a perdu plus de 70% de chiffre d'affaires. Là on commençait à remonter un petit peu pour essayer d'éviter le chaos" et en 2021 la perte "est largement de plus de 50% sur 5 mois d'activité", jusqu'à décembre, indique M. Salmeron.

Du 1er janvier au 31 août 2021, la Polynésie a attiré 44.521 touristes, dont une moitié d'américains, contre 49.375 sur la même période en 2020, selon les chiffres de Tahiti Tourisme.

"Avec le confinement, ça va très mal, on n'a plus d'activité, seulement quelques transferts du bateau aux hôtels et retour, une vingtaine sur la semaine contre 100 par jour lors de cette période. Une fois arrivés à l'hôtel les clients ne peuvent pas sortir", raconte Rico Haring, gérant de la société de transports Albert tours, qui emploie 23 personnes sur l'île de Moorea.

A cause du confinement, l'entreprise a dû cesser toutes les activités rémunératrices que sont les excursions en bateaux et la location de quads et de jets-skis. 

Si la situation devait durer, M. Haring estime qu'il ne pourrait tenir que cinq mois maximum, et après il "devra licencier tout le monde et travailler avec la famille, c'est le seul moyen".

"Beaucoup d'annulations" 

"Nous avons une baisse d'activité notable avec beaucoup d'annulations de séjours. Nous sommes passés d'une occupation de 90% à 30% aujourd'hui", témoigne également Eric Zucchi directeur du Manava beach resort de Moorea, un hôtel quatre étoiles qui déploie des rangées de bungalows sur pilotis au dessus du lagon.

Août, septembre et octobre sont habituellement "les 3 mois, les plus importants de l'année" pour cet hôtel.

Mais cette première quinzaine de septembre, les clients ne devaient pas se déplacer à plus d'un kilomètre de l'hôtel. Aussi, il a fallu compter sur les activités internes de l'hôtel: le spa, la piscine, profiter de la plage et faire du paddle ou du kayak dans l'enceinte de l'hôtel sur les près de cinq hectares qu'occupe l'hôtel, mais également des ateliers "nouage de paréo et confection de couronnes de fleurs", raconte le directeur.

Selon lui, après le confinement décrété le 23 août, il restait 7.381 touristes présents en Polynésie au 9 septembre.

Petite lueur d'espoir: "Sur les mois d'octobre et de novembre, on n'a pas encore d'impact majeur sur nos réservations. On avait quand même une petite baisse mais si effectivement le confinement est levé d'ici le 20 Septembre, on devrait avoir un mois de d'octobre à peu près normal", espère Eric Zucchi.

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