25.08.21
11:16

Des images de surveillance piratées montrent des violences sur les détenus en Iran

Le chef des prisons iraniennes a reconnu mardi des "comportements inacceptables" dans ses services après la publication à l'étranger de vidéos internes, obtenues par des pirates informatiques, qui montrent des violences sur des détenus.

Dimanche, des médias persanophones émettant de l'étranger ont publié ce qu'ils ont présenté comme des vidéos leur ayant été transmises au nom d'un groupe de pirates informatiques se faisant appeler "La Justice d'Ali" et montrant des gardiens de prison en train de frapper ou de maltraiter des détenus.

 

 

 

Selon ces médias, les images seraient celles de caméras de surveillance de la prison d'Evine à Téhéran et auraient été obtenues par les pirates en s'infiltrant dans le système informatique du pénitencier.

Une photo largement partagée sur les réseaux sociaux montre ce qui est présenté comme un central de surveillance de l'établissement dont plusieurs écrans affichent sur fond noir le logo d'une balance au fléau penché au-dessus de l'inscription "cyberattaque" en rouge et d'un message qualifiant "la prison d'Evine" de "tâche de honte" et appelant "à la libération des prisonniers politiques".

"Au sujet des images de la [prison d'Evine, à Téhéran], j'endosse la responsabilité de ces comportements inacceptables et je m'engage à ce que ces faits pénibles ne se reproduisent plus, et à ce que les éléments fautifs soient traités avec sévérité", écrit Mohammad-Mehdi Hadj-Mohammadi dans un message sur Twitter repris par les médias iraniens.  "Je présente mes excuses devant Dieu Tout-Puissant, ainsi qu'à notre cher guide [l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême, NDLR], à [notre] grande nation et aux gardiens de prison honorables dont les efforts ne seront par discrédités par ces erreurs", ajoute le directeur de l'administration pénitentiaire, sans préciser la façon dont il compte s'attaquer au problème.

Cité par l'agence Isna, Mohammad Mossadegh Kahnamouy, adjoint au chef de l'Autorité judiciaire, a déclaré à propos des vidéos diffusées par "La Justice d'Ali" que l'affaire n'était "pas très claire" et qu'elle faisait "l'objet d'une enquête". 

Gendre et cousin de Mahomet, Ali est le premier de la lignée des imams révérés par les fidèles dans le chiisme duodécimain, religion d'Etat en Iran depuis le XVIe siècle.

L'Iran se défend régulièrement contre des rapports de l'ONU ou d'organisations internationales de défense des droits de l'Homme critiquant son administration pénitentiaire pour de mauvais traitements infligés à des prisonniers.

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