02.08.21
16:08

Les ambassades américaine et britannique en Afghanistan accusent les talibans d'avoir "massacré" des dizaines de civils

Les ambassades américaine et britannique à Kaboul ont accusé lundi les talibans d'avoir "massacré des dizaines de civils" à titre de représailles dans le district de Spin Boldak, dans le sud de l'Afghanistan, dont il se sont emparés le 14 juillet.

"Ces meurtres sont susceptibles de constituer des crimes de guerre; ils doivent faire l'objet d'enquêtes et les combattants ou chefs talibans responsables doivent rendre des comptes", indiquent les deux ambassades en termes similaires sur leurs comptes Twitter respectifs, renvoyant à un rapport de la Commission afghane indépendante des droits de l'homme (AIHRC), un organisme public.

Les deux ambassades estiment que "la direction des talibans doit être tenue responsable des crimes de leurs combattants. Si vous n'êtes pas capables de contrôler vos combattants maintenant, vous n'avez rien à faire au gouvernement plus tard".

Dans son rapport, l'AIHRC écrit avoir "découvert qu'après avoir pris le district de Spin Boldak, les talibans ont recherché et identifié les responsables gouvernementaux passés et présents, et ont tué ces gens n'ayant aucun rôle combattant".

La Commission dit avoir identifié 40 personnes tuées dans le district par les talibans, mais "selon certaines allégations, qui n'ont pu être vérifiées dans l'immédiat, leur nombre pourrait être supérieur".

Les insurgés ont aussi exercé des représailles contre des habitants qui ont accueilli favorablement les forces afghanes lors d'une tentative de reconquête du district ayant finalement échoué, pillant notamment leurs domiciles. Des civils ont également été tués pour "motifs personnels" et des "conflits passés", selon l'AIHRC.

Ces meurtres dans le district de Spin Boldak par les talibans sont une violation claire du droit international humanitaire et peuvent être assimilés à des crimes de guerre, estime la Commission.

Selon elle, "alors que la direction des talibans a officiellement affirmé que ses combattants ne s'en prendraient pas aux civils ou aux bâtiments civils, cet épisode et d'autres similaires montrent qu'au contraire de ce qu'il affirme, le mouvement n'adhère pas dans la pratique aux principes du droit international en matière de droits humains et de droit humanitaire".

 

AFP

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