02.08.21
13:35

La Pologne accorde un visa humanitaire à la sprinteuse bélarusse Tsimanouskaya

La Pologne a accordé un visa humanitaire à la sprinteuse bélarusse Krystsina Tsimanouskaya, qui a déclaré dimanche se sentir menacée de rentrer de force dans son pays, a indiqué lundi le vice-ministre polonais des Affaires étrangères.

L'athlète "est déjà en contact direct avec des diplomates polonais à Tokyo. Elle a reçu un visa humanitaire. La Pologne va faire tout le nécessaire pour l'aider à poursuivre sa carrière sportive", a écrit Marcin Przydacz sur Twitter.

L'opposante bélarusse Svetlana Tikhanovskaya, réfugiée depuis près d'un an en Lituanie, a accusé les responsables olympiques de son pays de vouloir "kidnapper" l'athlète. "Pas un seul Bélarusse qui a quitté les frontières du pays n'est en sécurité, car ils pourraient essayer de les kidnapper", a-t-elle écrit dans un message publié dans la nuit de dimanche à lundi sur le réseau social Telegram, appelant à des sanctions internationales plus fortes contre Minsk.

Plus tôt lundi, le Comité international olympique (CIO) avait confirmé que la sprinteuse était "en sécurité" au Japon. "Le CIO et Tokyo-2020 ont parlé hier (dimanche) soir directement avec l'athlète bélarusse Krystsina Tsimanouskaya", a déclaré à Tokyo le porte-parole du CIO Mark Adams. "Elle nous a assuré qu'elle se sentait en sécurité. Elle a passé la nuit dans un hôtel de l'aéroport" de Tokyo-Haneda et le CIO comptait de nouveau s'entretenir lundi avec elle afin de connaître ses intentions et la "soutenir", avait ajouté M. Adams.

Des représentants du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) étaient impliqués dans cette affaire, avait précisé M. Adams.

Le gouvernement japonais "va continuer à coopérer étroitement avec les organisations concernées et prendre les mesures appropriées", en traitant ce cas "conformément à la loi", avait déclaré lundi le porte-parole du gouvernement nippon Katsunobu Kato, sans détailler davantage.

Krystsina Tsimanouskaya avait affirmé dimanche avoir été forcée à mettre un terme à sa participation aux Jeux olympiques de Tokyo par le sélectionneur de son équipe, avant d'être accompagnée à l'aéroport par des responsables du comité olympique national bélarusse pour rentrer dans son pays.

Quelques jours auparavant, elle avait violemment critiqué la Fédération bélarusse d'athlétisme, en affirmant avoir été forcée à participer au relais 4x400 mètres, alors qu'elle était censée initialement courir le 100 mètres et le 200 mètres, car deux autres athlètes n'avaient pas réalisé un nombre suffisant de contrôles antidopage, selon elle.

Krystsina Tsimanouskaya a aussi confié au média en ligne by.tribuna.com avoir "peur" de se retrouver en prison si elle rentrait au Bélarus. Elle avait demandé dimanche l'aide du CIO.

Cet incident intervient alors que le régime du président Loukachenko, dont le fils Viktor dirige le comité national olympique, poursuit sans relâche la répression contre les militants pro-démocratie.

En mai, les autorités bélarusses avaient arrêté un journaliste d'opposition en exil, Roman Protassevitch, en détournant l'avion de ligne à bord duquel il se trouvait, suscitant un tollé international.

La télévision d'Etat bélarusse a critiqué l'athlète, affirmant qu'elle avait "transformé son passage à Tokyo en un scandale grandiose".

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