22.07
16:58

Carnets de JO#1 - Charline Van Snick : "J’aime cette atmosphère dans le village olympique"

Tokyo! 5 années durant, ils en ont rêvé. Maintenant, ils sont prêts à en découdre. Depuis le Japon, le Red Lion John-John Dohmen, la judokate Charline Van Snick et l’athlète Elise Vanderelst nous confient leur quotidien lors de ces Jeux olympiques. Aujourd’hui, Charline Van Snick, médaillée de bronze aux JO de Londres en 2012, nous raconte son arrivée dans le village olympique, à seulement quelques jours de sa montée sur les tatamis.

Charline Van Snick, vous êtes arrivée mardi dans le village olympique après un stage d’acclimatation à Mito (ndlr: à 100km au nord de Tokyo). Comment se sont passés ces premiers jours au Japon ? 

A Mito, on était enfermés dans un hôtel avec la Team Belgium et cela faisait du bien d’être rien qu’entre nous. Autant l’ambiance entre Belges était sympa, autant c’était un peu lourd à supporter les restrictions. Mais bon. On doit faire avec et s’adapter. 
Ainsi, nous n’avions accès qu’à certaines parties de l’hôtel. Un jour, il y avait une conférence. On a dû faire tout le tour de l’hôtel qui est en forme de carré pour ne pas passer devant la salle de conférence. Il fallait éviter tout le public. C’est un petit exemple qui montre à quel point c’est strict. Quand on sortait de l’hôtel, on pouvait uniquement rester sur le parking, pour ne pas aller au contact de la population japonaise. Pour les protéger, pour nous protéger. Ce sont des règles avec lesquelles nous devons faire avec. 

Craignez-vous que l’équipe soit contaminée par le virus ? Comment gérez-vous ce risque ? 

Même si je crois que la majorité de notre équipe est vaccinée, c’est effectivement une crainte que j’ai. C’est un risque qui existe, que l’équipe prend en considération. Mais on le minimise en faisant les gestes barrières que tout le monde connaît maintenant. 

On se parle avec 7h de décalage horaire. Comment vous êtes-vous préparée à ce décalage ?

On peut déjà travailler sur le décalage horaire à l’avance. C’est-à-dire en allant se coucher plus tôt et se lever plus tôt, en s’exposant à certains créneaux à la lumière. En jouant également sur l’alimentation. Réduire le café ou la théine par exemple. Ce sont des choses qu’on peut faire avant.

 

Une routine avant la compétition de dimanche

 

Vous êtes maintenant dans votre chambre au village olympique. Quelle a été votre première impression en retrouvant ce lieu ? 

Ce sont mes 3e Jeux. Il y a cette atmosphère que j’aime parce que je la connais. Les villages sont un peu différents, mais les configurations restent similaires. C’est plaisant. C’est quelque chose qui me plaît beaucoup, d’être avec tous les sports, tous les pays. Après, le problème d’avant la compétition, c’est que je reste très focus sur moi. Je ne vais pas forcément passer beaucoup de temps dans les salles où on peut avoir du contact avec les autres. Malheureusement, comme je dois faire un régime, cela m’affaiblit et je dois rester concentrée sur la compétition. Je ne peux donc pas profiter pleinement de cela, mais ce n’est pas le but non plus. Le but est d’être en forme dimanche.

 

Quand vous avez fait vos premiers pas à Tokyo, est-ce que vous vous êtes dit : "ça y est, c’est vraiment maintenant que les Jeux olympiques commencent” ? 

Oui, tout à fait. Déjà quand on prend l’avion, on peut se dire : “ça y est, on y est. C’est parti.” Surtout avec toutes les incertitudes qu’on a connues depuis 1 an et demi. “Est-ce que les Jeux vont avoir lieu ? Dans quelles conditions ?” De ce point de vue-là, c’était évidemment très particulier. On a d’ailleurs eu une Japonaise qui était responsable de notre transport, c’était un peu notre guide touristique. Elle était très émue aussi de pouvoir dire : “ça y est, on arrive au village.” Elle se réjouissait de la tenue des Jeux, alors que la population japonaise est contre. 

A quoi ressemble une journée-type de Charline Van Snick dans le village olympique ? 

Je me lève vers 8h30. Je prends le déjeuner dans un grand hall avec plein de stands différents où on peut choisir ce qu’on préfère manger. Ensuite, j’ai été un jour mettre mes kimonos à coudre. Ce fut un périple, car il faut prendre le bus. Le village est très grand. Ensuite, à midi, je mange et je fais un entraînement d’explosivité et de vitesse car on se rapproche de la compétition. Ce sont des entraînements de 45 minutes pour le moment.

Après, je me pose souvent. Je vais chez le kiné, je fais des massages, des soins et puis je lis en admirant de ma chambre la vue sur Tokyo. 

Le régime alimentaire étant important pour vous, vous trouvez tout ce qu’il vous faut au Japon pour vous nourrir correctement et arriver à votre poids de compétition ? 

Du point de vue alimentaire, c’est très varié parce qu’ici, on est dans un grand hangar avec différents stands où il y a de la nourriture asiatique, occidentale, etc. Il y a un peu de tout. Sur chaque plat, il est écrit les calories. Si c’est gras, sucré ou salé, tout est écrit. 

Je me pèserai samedi soir vers 20h et je combats le lendemain. J’ai 12h pour faire ce qu’on appelle “la reconstitution”. Concrètement, je vais perdre du poids, de l’eau. C’est une perte de poids très encadrée, à ne pas refaire chez soi. Je vais donc perdre environ 1,5 à 2 kilos en un temps très court. C’est une méthode que l’on appelle le “cutting”. Mais chacun fait un peu à sa façon.

 

Des lits en carton et des bus futuristes

 

Il y a aussi le judoka Jorre Verstraeten avec vous, qui est en compétition samedi. Vous restez entre judokas ou vous êtes déjà dans votre bulle pour la compétition de dimanche? 

Là on est principalement dans notre groupe de judokas. C’est-à-dire avec Jorre, avec nos deux entraîneurs et notre kiné. Donc on reste ensemble. Mais on est aussi en contact avec les autres. Par exemple, je suis avec les gymnastes dans ma chambre.

Ce sont des chambres de deux, c’est cela ? 

Non, j’ai une chambre toute seule, mais je suis dans un appartement où il y a trois chambres. 

On a beaucoup parlé de ces lits en carton, vous les avez testés je suppose. A quoi ressemblent-t-ils ?

(Rires) Non, c’est marrant. Franchement, je ne m’y attendais pas du tout. Je me demande quand même comment les basketteurs/basketteuses dorment dedans. On a notre lit. Les pieds et le sommier sont en carton. Il y a un matelas assez épais par-dessus, avec une belle couverture Tokyo 2020. C’est modulable. Mais, je ne sais pas trop comment cela fonctionne. Il me convient bien comme il est. 

Est-ce qu’il y a d’autres excentricités comme celle-là ? 

Ils n’ont pas plafonné les murs. Sinon, non ! En même temps, je suis très habituée au Japon. Cela fait plus d’une dizaine de fois que je viens ici. Je ne sais pas si on peut parler d’excentricités… Le bus qui fait le tour du village. C’est un bus qui fonctionne à l’énergie solaire. On est déjà dans le futur : il n’y a pas de volant, juste un petit bouton et il roule tout seul. Il détecte tout. C’est fou. 

Charlotte Pijnaker et Pol Loncin

Partager cet article

En lien avec l'article