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Comité de concertation: à quoi peut-on s'attendre?

Reporté en raison de la catastrophe qui a frappé notre pays, le Comité de concertation doit avoir lieu ce lundi. Confrontés à une nouvelle hausse des chiffres liés à la pandémie, politiciens et spécialistes devraient consolider les mesures actuelles, sans les renforcer. Plusieurs sujets sont sur la table, dont le pass sanitaire et les retours de voyages. Comme indiqué par Alexander De Croo, la vaccination obligatoire du personnel soignant n'est pas à l'ordre du jour.

Article publié le 14 juillet 2021 - Mis à jour le 19 juillet 2021

Le prochain Comité de concertation doit prendre position. La hausse des chiffres liés au coronavirus dans de nombreux pays européens et chez nos voisins ont engendré de nouvelles mesures. L'augmentation du nombre d'infections et d'hospitalisations dans notre pays observée par les experts va animer le codeco de ce lundi.

Pass sanitaire et covid safe ticket

On le sait, plusieurs dossiers sont sur la table, dont le pass sanitaire. On l’a vu, la France a décidé de l’imposer à partir du 21 juillet dans le secteur culturel et de l’étendre à l’horeca à partir du mois d’août. Une chose semble acquise: la Belgique ne devrait pas se calquer sur le modèle français. Du moins, pour l’horeca (bars, restaurants). L’application d’un covid safe ticket dans les lieux culturels est par contre envisagée, pour des événements plafonnés - si la jauge est maintenue - à 3.000 personnes en intérieur et 5.000 en extérieur. 

Les partis semblent d’accord sur ce point. Seul le MR est partagé entre la volonté de ne pas se calquer sur un modèle trop coercitif et l’intérêt d’un tel dispositif dans la perspective de la réouverture des boîtes de nuit en septembre prochain. En outre, tout le monde s’accorde pour éviter par-dessus tout une fermeture de certains secteurs en cas d’un retour de contaminations massives. Pour rappel, l’application du covid safe ticket démarre le 13 août, en vue de certains événements estivaux, dont le Ronquières Festival ou le Pukkelpop pour ne citer qu’eux.

Retour de voyages, contrôles
Concernant les voyages, la volonté générale est de renforcer les contrôles et d’appliquer une procédure plus contraignante pour le PLF. Un dispositif spécifique aux frontières est à l’étude, avec des brigades mobiles et des contrôles aléatoires et ce, quel que soit le mode de déplacement choisi par les touristes belges pour se rendre à l'étranger. 

Le contrôle des testing obligatoires et du respect de la quarantaine en cas de retour de zone rouge ou à risque devrait, lui aussi, être renforcé. La volonté du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, d’imposer aux Belges un test PCR avant leur retour en Belgique n’est pour le moment pas suivie par tous.

Au niveau de la vaccination obligatoire du personnel soignant, la Belgique ne va pas suivre le modèle français à entendre le Premier ministre, Alexander De Croo. À l'heure actuelle, 66,9% de l'ensemble des Belges ont reçu une première injection et 45,9% sont totalement vaccinés. Pour les plus de 18 ans, ces chiffres passent à 82% de vaccinés en première dose et 57,3% pour les deux doses.

Dans ce contexte, la vaccination obligatoire du personnel soignant n'est pas sur la table, contrairement à la voie choisie par d'autres pays européens, comme l'a affirmé ce dimanche le Premier ministre Alexander De Croo sur VTM Nieuws. "Quand je vois le chemin parcouru ces derniers mois pour convaincre les gens, il n'en est pas question", a-t-il dit.

La Belgique veut à tout prix éviter le "yoyo néerlandais", comme l'a déclaré Frank Vandenbroucke, le ministre de la Santé. Pour rappel, nos voisins, qui subissent une explosion de cas, ont à nouveau imposé la fermeture des discothèques et ont revu les horaires de l'horeca.

Chez nous, le nombre de cas est en augmentation, mais de façon nettement moins grave. Et jeudi, Alexander De Croo déclarait à la Chambre ne pas imposer de nouvelles restrictions "s'il n'y a pas d'impact sur le taux d'hospitalisation". Frank Vandenbroucke se veut prudent: à ses yeux, il est essentiel de ralentir la circulation du virus. "Il ne faut pas nécessairement annoncer des mesures drastiques. Il faut prendre les libertés retrouvées au sérieux, les sécuriser en renforçant les lignes de défense."

Nous nous dirigeons donc vers une temporisation des assouplissements prévus par le “plan été”. Les assouplissements attendus à partir du 30 juillet ( 3.000 personnes en intérieur et 5.000 en extérieur, foires commerciales, 200 personnes, avec nuitée dans les camps de jeunes) pourraient être décalés (mi-août). L’autre option serait d’activer cette nouvelle phase, mais en diminuant les jauges.

 

Loïc Struys,

Romuald La Morté

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