09.07.21
11:07

Les talibans affirment contrôler 85% du territoire afghan

Les talibans ont affirmé ce vendredi qu'ils contrôlaient 85% du territoire de l'Afghanistan, au moment où ils mènent une offensive contre les forces de Kaboul, sans que cette affirmation ne puisse être confirmée de source indépendante.

Lors d'une conférence de presse à Moscou, Shahabuddin Delawar, un représentant taliban, a ajouté qu'environ 250 des 398 districts du pays étaient désormais sous le contrôle des insurgés. "Toutes les administrations et les hôpitaux continuent de fonctionner sur ce territoire. Nous nous sommes assurés qu'ils seraient en mesure de poursuivre leur travail", a-t-il ajouté, selon des propos traduits du pachtoune au russe.

Il a assuré que le retrait en cours des forces américaines était le résultat du combat des talibans. "Nous avons mené notre lutte, nous avons fait passer la population de notre côté", a-t-il soutenu, ajoutant que "les Etats-Unis avaient été forcés de quitter notre territoire". 

Selon Shahabuddin Delawar, aucun accord avec Washington n'empêche les insurgés de prendre les chefs-lieux des districts restant sous le contrôle de Kaboul. Mais il a soutenu que les talibans n'allaient pas "prendre par la force" ces villes.  

Depuis l'accélération du retrait des forces étrangères début mai, les talibans ont notamment capturé un arc de territoires s'étendant de la frontière iranienne, à l'ouest, à celle avec la Chine, dans le nord-est.

En début de semaine, un millier de soldats afghans se sont mis ainsi à l'abri au Tadjikistan, après des combats avec les talibans.

 

Avancée talibane éclair 

Quelques heures avant l'annonce de la prise d'Islam Qala, le président américain Joe Biden a déclaré dans un discours que la mission militaire de Washington en Afghanistan serait achevée le 31 août, près de 20 ans après son début.  "Nous mettons fin à la plus longue guerre de l'Amérique" déclenchée après les attentats du 11 septembre 2001, a-t-il souligné, en martelant: "Je n'enverrai pas une autre génération d'Américains combattre en Afghanistan." Le président américain a également affirmé qu'il n'était pas "inévitable" de voir le pays tomber aux mains des talibans. Les autorités afghanes ont "la capacité" d'assurer la continuité du gouvernement, a-t-il déclaré aux journalistes.

Mais, désormais privées du crucial soutien aérien américain, les forces afghanes ont perdu beaucoup de terrain, en particulier dans les zones rurales, alors que les talibans encerclent de grandes villes comme Herat.

Suhail Shaheen, un porte-parole des talibans, a cependant affirmé à l'AFP que les insurgés souhaitaient "un accord négocié" et "ne croyaient pas en un monopole sur le pouvoir".

Les talibans se sont également réjouis de l'annonce de M. Biden.  "Le plus tôt sera le mieux pour le départ des troupes américaines et étrangères", a réagi M. Shaheen.  

Les talibans avaient également lancé une offensive visant pour la première fois sur une capitale provinciale, Qala-i-Naw (nord-ouest), où des combats les opposent depuis mercredi aux forces gouvernementales. 

Le pays traverse "l'une des étapes les plus compliquées de la transition", avait affirmé jeudi le président afghan Ashraf Ghani.  "Le pays peut être contrôlé", avait-il cependant assuré, confiant dans la capacité de son gouvernement à gérer la crise.

Si le porte-parole taliban, Suhail Saheen, a déclaré à l'AFP croire en "une solution pacifiste", les insurgés semblent n'être guère intéressés à discuter avec le gouvernement, et les négociations officielles de Doha sont au point mort.

Les talibans n'ont jamais été aussi puissants depuis qu'ils ont été renversés par la coalition internationale menée par les États-Unis fin 2001.

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