30.06.21
20:02

Grève de la faim: les sans-papiers entament leur 5e semaine dans la douleur

A l'église du Béguinage à Bruxelles, les sans-papiers entament leur 5e semaine de grève de la faim. Les gens sont à bout tant physiquement que psychologiquement.

Depuis le 30 janvier, l’église du Béguinage est occupée par de nombreux sans-papiers, qui réclament d’être régularisés. Ces derniers, rejoints par d’autres sans-papiers occupant des locaux de l’ULB et la VUB, ont entamé le 23 mai une grève de la faim, qui pourrait mal se terminer. Après 5 semaines de privation, les corps et les esprits sont à bout de force.

Plus de 400 étrangers en situation irrégulière observent une grève de la faim depuis fin mai à Bruxelles pour obtenir un droit au séjour en Belgique, un mouvement qui met sous pression le gouvernement et dont se mêle désormais le monde universitaire.

Chose rare, les recteurs des six grandes universités francophones de Belgique ont appelé ensemble les autorités à "user de tous les moyens légaux en leur pouvoir" pour trouver des solutions, tout en "demandant instamment" aux grévistes de la faim de mettre fin à leur action.

Le mouvement, entré lundi dans sa sixième semaine, est établi en partie à l'Université libre de Bruxelles (ULB), où les sans-papiers se sont installés sur des matelas au sol dans une cafétéria en travaux.

Les grévistes, encouragés par un comité de soutien, exigent du gouvernement une régularisation "collective" de leur situation, mettant en avant des années de séjour en Belgique au cours desquelles ils ont contribué à la vie économique.

Après quatre mois d'un dialogue de sourds avec les autorités de l'immigration, ils ont cessé de s'alimenter le 23 mai. Le mouvement est suivi désormais par 430 à 470 personnes, selon les différentes sources.

Pour la plupart Marocains ou Algériens, ces étrangers ne sont pas admissibles à l'asile car issus de pays jugés "sûrs". Ils sont considérés comme des migrants économiques et le secrétaire d'Etat à la Migration, Sammy Mahdi, a exclu toute régularisation massive.

Une pétition de 28.000 signatures a d’ailleurs été remise au secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi, afin d’obtenir leur régularisation. Médecins du Monde recherche actuellement des bénévoles (infirmier, infirmière, médecins, kinés, psychologue) afin d’assister leurs équipes, actuellement en effectifs réduits.

 

 

Un reportage de Romuald la Morté

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