16.06
09:25

Les agressions sexuelles sont partout

Pour la première fois, une étude de grande ampleur documente les agressions sexuelles dans notre pays. Et le constat est effarant : deux tiers des Belges ont déjà été victimes d’une agression à caractère sexuel au cours de leur vie…

Un rapport a été réalisé auprès de 5000 personnes, par l’université de Gand, de Liège et avec l’appui de l’Institut national de criminalistique, c’est donc du solide.

Ne tournons pas autour du pot : les conclusions du rapport sont alarmantes : deux tiers des personnes interrogées disent avoir été victimes, au moins une fois dans leur vie, d’une "agression" à caractère sexuel.


Cela peut aller du baiser volé à une main sur les seins, voire être par exemple forcé de se déshabiller devant une caméra, ou alors du harcèlement, mais aussi jusqu’au viol.

Cela concerne tout le monde. La tranche d'âge observée oscille entre 16 et 64 ans. Parmi ces victimes, 81 % sont des femmes. Au total, 5 % des hommes et 16 % des femmes disent avoir été violés.

La moitié des hommes et 35 % des femmes n’ont parlé à personne de ce qui leur est arrivé. Seuls 8 % des hommes et 5 % des femmes ont cherché une assistance, notamment médicale et psychosociale.

Les seniors sont aussi victimes : une personne de plus de 70 ans sur 12 dit avoir subi une agression à caractère sexuel au cours de l’année écoulée et là, particularité, hommes et femmes sont victimes à part égale.
Dépression, alcoolisme sont les conséquences de ces violences sexuelles chez les plus âgés. À noter que moins de la moitié de ces personnes ont déjà évoqué ce qui leur est arrivé auprès d’une personne de leur entourage.

Dans la communauté Lesbienne, Gay, Bi et Transexuelles, on retrouve le plus haut taux de personnes ayant subi une agression sexuelle au moins une fois dans leur vie puisque ce chiffre atteint les 80%. Et cette tendance a augmenté avec la crise sanitaire. 42% des LGBT interrogés indiquent que l’agression sexuelle était physique et 24% des personnes interrogées dans cette communauté dit déjà avoir été victime d’un viol.

Et puis, la situation est catastrophique aussi chez les demandeurs d’aide, comme les demandeurs d’asile, puisque 80% d’entre eux ont été victimes d’une agression sexuelle au cours des douze derniers mois alors qu’ils étaient déjà en Europe. Ici, les victimes sont a 50/50 des hommes et des femmes.

Concernant l'auteur des faits, il s’agit de quelqu’un de connu par la victime, à 60% des cas. Dans 30 % des cas, les faits sont perpétrés par le partenaire ou ex-partenaire. Il peut aussi s’agir d’un membre de la famille, de collègues ou de connaissances. 

Mais comme la majorité des victimes ne se plaignent pas ou ne veulent pas se plaindre de leur entourage, on a que très peu d’infos sur les auteurs. Seulement 7% des victimes ont cherché une aide professionnelle et 4% ont signalé les faits à la police. Les agressions sexuelles, c’est encore totalement tabou ou presque et c’est la loi du silence qui prédomine.

Les chercheurs formulent aussi des recommandations pour que les victimes d’agressions sexuelles puissent être mieux prises en charges car, actuellement, il y a très peu de personnel médical et social formés pour cela, mais cela va jusqu’aux policiers ou encore aux magistrats. Il existe pour l’instant 3 centres de prises en charge spécialisés, l’idée est qu’en 2023, on en ait un par province.

Partager cet article