15.06.21
16:43

Scandale environnemental dans l'agglomération d'Anvers

L'ONG Greenpeace a dénoncé "un nouveau scandale environnemental" en Flandre, après la découverte à l'occasion d'un chantier d'une contamination des sols au PFOS, produit chimique de la famille des perfluorés.

La pollution a été mise en évidence autour de l'usine 3M de Zwijndrecht, près d'Anvers, lors d'analyses menées après des excavations liées aux travaux d'extension du périphérique de la grande cité portuaire.

Selon Greenpeace, si le groupe américain 3M a cessé en 2002 d'y fabriquer cette molécule de synthèse, il subsiste sur le site et aux alentours des concentrations en PFOS "dépassant jusqu'à 26 fois les normes actuelles".

"Et ces normes sont probablement trop laxistes selon les experts", poursuit l'organisation dans un communiqué, appelant à une révision du permis d'environnement accordé au bâtisseur du nouveau périphérique.

La pollution, qui touche le sol et les eaux souterraines, a aussi été détectée chez des animaux, ajoute Greenpeace, ce qui a des incidences sur l'alimentation humaine. Il est par exemple déconseillé de consommer les œufs provenant des poulaillers riverains de l'usine.

Lundi soir, les autorités de la région flamande ont annoncé par précaution une série de restrictions pour les milliers de riverains, sur la consommation d'eau de source et l'alimentation (œufs, fruits et légumes cultivés à la maison).

L'agence sanitaire régionale a aussi invité les volontaires âgés d'au moins douze ans vivant dans un rayon de 1,5 km autour de l'usine à se soumettre à des prélèvements sanguins.

Le PFOS, ou sulfonate de perfluorooctane, est un produit de la famille des composés perfluorés qui est considéré comme un perturbateur endocrinien.

Il fait partie depuis mai 2009 de la liste des substances couvertes par la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP), dont la commercialisation est interdite sauf dérogations.

Pour ce type de composé chimique, "les sources d'exposition potentielles (susceptibles d'entraîner des effets nocifs, ndlr) doivent inclure l'alimentation, l'eau, l'air et les poussières", relevait en 2015 dans une note l'agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) en France.

Avec le PFOS, "on peut avoir des problèmes d'hypofertilité, de diabète, des anomalies du fonctionnement de la thyroïde", a expliqué le Dr Corinne Charlier, spécialiste en chimie toxicologique au CHU de Liège.

La ministre flamande de l'Environnement Zuhal Demir a réclamé la mise en place d'une commission d'enquête au Parlement afin de comprendre pourquoi cette pollution est restée sous le radar des autorités depuis vingt ans.

 

AFP

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