15.06.21
13:18

L'UE confirme un accord avec les Etats-Unis pour résoudre le conflit Airbus-Boeing

Ursula von der Leyen, a confirmé mardi un accord entre l'UE et les Etats-Unis pour résoudre un conflit vieux de 17 ans sur les subventions illégales accordées aux avionneurs Airbus et Boeing.

Des responsables européens et américains ont confirmé mardi un accord entre l'UE et les Etats-Unis pour résoudre leur vieux conflit sur les subventions illégales accordées aux avionneurs Airbus et Boeing.

"La réunion a commencé avec une percée sur les avions (...). Nous avions décidé conjointement de résoudre cette dispute. Aujourd'hui on a tenu promesse", a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après l'arrivée du président américain Joe Biden à Bruxelles pour un sommet UE/Etats-Unis.

"Cet accord ouvre un nouveau chapitre dans notre relation car nous passons d'un contentieux à une coopération sur l'aéronautique, après 17 ans de dispute", s'est réjouie Mme von der Leyen.

Les deux parties ont accepté de suspendre pendant cinq ans les droits de douane punitifs qu'ils s'infligent dans le cadre de ce contentieux, a expliqué à des journalistes la Représentante américaine au Commerce Katherine Tai.

Les Etats-Unis tentent de rallier l'UE dans leur bras de fer avec la Chine et voulaient profiter de ce sommet pour apaiser une relation transatlantique mise à mal par les années Trump. 

"Au lieu de combattre l'un de nos plus proches alliés, nous nous retrouvons finalement ensemble face à une menace commune", a affirmé Mme Tai, en confirmant la prolongation de la trève qui avait été décidée sur ce dossier en mars et devait expirer en juillet. "C'est un exemple pour faire face à d'autres défis, comme celui de la Chine", a-t-elle ajouté. 

Quatre autres dossiers sont sources de tension entre l'UE et les Etats-Unis

Acier et aluminium 

L'Union européenne tente d'obtenir un engagement des Etats-Unis à régler avant le 1er décembre le conflit commercial sur l'acier et l'aluminium qui empoisonne leur relation bilatérale depuis trois ans.

Depuis une décision de Donald Trump en juin 2018, les Américains imposent des taxes de 25% sur les importations européennes d'acier et de 10% sur celles d'aluminium.

L'UE a répliqué en taxant les motos Harley-Davidson, les jeans Levi's, ou encore le tabac, le maïs et le riz américains.

Un dialogue s'est ouvert depuis mai pour résoudre le conflit. L'UE a renoncé à relever au 1er juin ses taxes punitives. "C'est maintenant aux États-Unis de passer de la parole aux actes", estime la Commission.

 

Fiscalité du numérique 

Les géants américains du numérique Google, Apple, Facebook ou Amazon, sont accusés de profiter de leur activité immatérielle pour échapper à l'impôt. La situation choque d'autant plus que ces groupes accumulent des milliards de bénéfices et sont les grands profiteurs de la crise du Covid.

La France, suivie par d'autres pays, a engagé un bras de fer en introduisant une taxe mettant ces groupes à contribution. Elle avait provoqué la colère de l'administration Trump. Alors que le différend menaçait de dégénérer en nouvelle guerre commerciale, un accord avait été trouvé pour chercher une solution dans le cadre de négociations à l'OCDE sur une imposition des activités numériques. Le sujet est en passe d'aboutir après l'engagement du G7 à soutenir un impôt mondial minimal sur les grandes multinationales.

Bruxelles et Washington veulent aussi coopérer sur la régulation du secteur numérique et notamment le respect de la vie privée afin de garantir la libre circulation des données personnelles de l'UE vers les Etats-Unis, remise en cause l'an dernier par une décision de la Cour de justice européenne.

 

Le gazoduc Nord Stream 2 

La construction du gazoduc Nord Stream 2, portée par l'Allemagne, doit doubler les capacités de livraison de gaz naturel russe vers l'Europe en passant par la mer Baltique. Washington et certains pays européens --Pologne, pays baltes et Ukraine-- accusent le projet d'augmenter la dépendance de l'Europe envers le gaz russe. Les hydrocarbures apportent à Moscou un outil de pression politique et de précieuses recettes pour financer son complexe militaro-industriel.

La mise en service était initialement prévue début 2020 mais a été retardée par les menaces de sanctions américaines. Dans un geste de détente vis-à-vis de Berlin, les Etats-Unis ont annoncé fin mai qu'ils renonçaient à sanctionner la principale entreprise impliquée, Nord Stream 2 AG, filiale du géant russe Gazprom qui a son siège en Suisse, ainsi que son PDG allemand Matthias Warnig.

 

La relation avec la Chine 

L'UE et la Chine ont annoncé fin décembre la conclusion "de principe" d'un accord controversé sur les investissements qui doit offrir aux firmes européennes un accès renforcé au marché chinois. Mais, cet accord, en négociation depuis fin 2013 et annoncé sans attendre l'arrivée au pouvoir de Joe Biden début janvier, a froissé Washington qui compte sur un soutien européen face au rival systémique qu'est devenu Pékin. Il est actuellement gelé en raison du contexte politique. L'UE a imposé récemment des sanctions contre la Chine, accusée de violations des droits humains dans la région du Xinjiang. Pékin a répliqué en sanctionnant plusieurs personnalités et organismes en Europe.

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