14.06.21
07:13

L'autruche socialiste sort la tête du sable

Pour contrer l’inexorable montée de l’extrême-gauche, le Parti socialiste doit démonter le discours du PTB, cesser de tergiverser, de se cacher ou d’ignorer son adversaire, mais plutôt le prendre à la gorge et pointer ses incohérences. C’est la conclusion d’une étude que Paul Magnette a présenté a ses cadres ce week-end.

C’est une discrète réunion qui s’est tenue ce samedi au Parti socialiste.

Pour vivre heureux, vivons cachés, vous connaissez bien l’adage, et samedi, les principaux décideurs du Parti socialiste étaient discrètement réunis autour de leur président Paul Magnette.

Pas de presse, pas de conférence de presse, mais bien une matinée de réflexion destinée à faire le point sur les récents sondages.

Le contexte politique n’est pas terrible pour la première formation politique francophone. Au fédéral, la coalition Vivaldi où siège le Parti socialiste avance cahin-caha, mais dans cet assemblage hétéroclite de sept partis, entre querelles sur le port du voile et absence de vision claire – par exemple en matière de fiscalité – il est difficile de marquer des points, voire d’apparaître comme le parti moteur du gouvernement.

Et en Wallonie, la tripartite avec le MR et Ecolo ne permet pas réellement non plus au Parti socialiste de tirer les marrons du feu malgré que soit Elio di Rupo qui emmène le gouvernement wallon.

Et tout cela se traduit dans des sondages, évidemment, avec un PS talonné par le PTB – qui pour la première fois dans les intentions de vote du dernier sondage RTL/Le Soir, début juin – était deuxième parti wallon toujours derrière le PS mais devant le MR. Le PS sent donc le souffle du PTB dans sa nuque.

Le patron du PS a fait faire une étude pour analyser tout cela. Une conclusion s’est imposée : il faut cesser de craindre le PTB et lui taper – politiquement, évidemment – dessus. Il y a des années maintenant que le Parti socialiste est assis, passif, et assiste à la montée de l’extrême gauche, lentement mais inexorablement, il se laisse grignoter par la stratégie du coup d’éclat permanent de Raoul Hedebouw et consorts. Cette politique de ne rien dire de la part du PS, cette politique de mettre la tête dans le sable à la manière d’une autruche et d’espérer que le PTB sera parti quand on sortira la tête, ça ne marche pas.

Au contraire, et c’est la conclusion de l’étude présentée samedi par Paul Magnette, il faut matraquer ses positions et sans cesse mettre le PTB devant ses incohérences, être offensif et démonter son discours et ses contradictions, sous peine de voir le PS devenir le second parti de la gauche…« ENFIN ! , on va se réveiller », nous disait, ravi, un des participants a la réunion de samedi.

Le réveil a peut-être sonné pour le PS mais en attendant le PTB marche sur l’eau.

Dans l’opposition à tous les niveaux de pouvoir après avoir réussi à faire croire qu’il voulait réellement monter dans les gouvernements, le PTB déroule son opposition, distribue les mauvais points à toute la classe politique – est sur tous les fronts de la récupération, de la question du voile à celle des Diables rouges, il n’y a pas un seul thème qui lui échappe.

C’est évidemment beaucoup plus facile quand on a pas à mettre ses mains dans le cambouis du moteur pour essayer de faire tourner la machine.

Le PTB qui fait feu de tout bois, et veut surfer sur le succès de l’euro de football, avec sa campagne « we are one » , floquée notamment sur des drapeaux, le PTB s’est fait rattraper la semaine dernière par FB qui lui a demandé de préciser que son We are One était bien une campagne politique…

Face à un adversaire politique comme le PTB qui n’hésite pas être populiste, ça va être compliqué pour le PS et on le voit partout en Europe, en France, par exemple, la gauche socialiste est laminée, inaudible face a un Mélenchon qui éructe ses sentences, c’est donc le thriller politique francophone des mois a venir ; le Parti socialiste va-t-il trouver la recette pour contrer la montée de l’extrême-gauche ?

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