20.05.21
07:31

Un meilleur statut pour les candidats médecins

On a – enfin ! – un accord sur le statut des candidats médecins spécialistes. Oui, un accord est intervenu hier soir et c’est important parce que les parties prenantes tentaient d’y parvenir depuis un bail. Problème: cet accord, il satisfait tout le monde, sauf les candidats médecins spécialistes francophones qui partent en grève ce jeudi. 

Alors, un accord sans accord… mais il y a quoi dans cet accord ? C’est un billard à plusieurs bandes, puisqu’on a négocié entre le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, les candidats médecins spécialistes, les différentes facultés de médecine dans les universités ainsi que les fédérations hospitalières, ça fait donc beaucoup de monde impliqué – plus on est, plus on rit. Sauf qu’ici, on ne rit plus du tout.

Ça fait des années que ces apprentis médecins spécialistes dénoncent leurs conditions de travail, la charge trop importante, mais aussi le salaire trop faible et, à l’heure ou les autorités publiques – covid oblige – font un réel effort pour refinancer le secteur des soins de santé, les candidats médecins s’estiment abandonnés. 

Mais il y a de réelles avancées dans ce nouveau statut qu’on leur propose. Tous bénéficieront, dès le 1er août, d’un contrat de formation uniforme qui contraste nettement avec la réalité actuelle où chaque candidat a des conditions de travail et de rémunération différentes.

Un contrat qui garantit une hausse salariale de 10 %, un salaire minimum brut de 3.113 euros bruts dès la première année (indexé et augmenté chaque année) ; une meilleure rémunération pour les heures supplémentaires, les gardes de nuit, les week-ends ; 20 jours de congé légaux ; une garantie de protection pendant la grossesse ; un enregistrement de la durée du temps de travail. Le fédéral met une enveloppe de 30 millions d’euros sur la table pour que cet accord puisse voir le jour.

Mais les francophones ne sont pas contents. Le patron du syndicat des assistants médecins francophones estiment qu’ils n’ont pas du tout été entendus. Que cet accord ne permettra pas d’alléger les charges de travail et que, finalement, par exemple, sur le respect de la protection durant la grossesse, l'accord ne fait que se conformer à la loi actuelle.

Pour le reste, voici ce que dit leur communiqué: “Les assistants médecins n’ont pas vocation à pallier les manquements de moyens financiers et logistiques d’un système de santé défaillant, en sacrifiant leur précieux temps à des tâches administratives ou du travail d’assistanat ne contribuant pas à leur développement intellectuel ou l’acquisition de compétences d’intérêt pour leur futur pratique. Ces abus s’apparentent à de l’exploitation d’une force de travail docile et corvéable à merci.”

Martin Buxant

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