16.05.21
13:01

Londres se défend d'avoir tardé à agir face au variant indien

Le gouvernement britannique s'est défendu dimanche d'avoir tardé à agir pour durcir les restrictions pour les voyageurs venant d'Inde, face à une poussée inquiétante du variant indien en Angleterre susceptible de perturber la poursuite du déconfinement

Le 19 avril, l'exécutif avait décidé de placer l'Inde sur la liste rouge des pays dont les voyageurs sont interdits d'entrée au Royaume-Uni, sauf les résidents obligés d'effectuer une quarantaine de dix jours à l'hôtel. La mesure avait été appliquée dès début avril au Pakistan et Bangladesh voisins.

Cette annonce était intervenue le jour de l'annulation, par le Premier ministre Boris Johnson, de sa visite officielle en Inde, son premier déplacement majeur à l'étranger, en raison d'une aggravation de la pandémie dans ce pays. 

Le ministre de la Santé, Matt Hancock, a réfuté dimanche le fait que la décision de mettre l'Inde sur la liste rouge ait été repoussée en raison du voyage du dirigeant conservateur. 

"Nous prenons ces décisions sur la base des preuves", a-t-il assuré sur Sky News. Il a affirmé que l'Inde avait été mise sur liste rouge avant que le variant indien soit désigné comme "variant sous enquête" et en raison du "taux de positivité élevé" des voyageurs venant de ce pays.

Boris Johnson a prévenu vendredi que le variant indien risquait de perturber la levée de presque toutes les restrictions en Angleterre, prévue le 21 juin, s'il continuait à s'y propager, après une poussée préoccupante dans le nord-ouest de l'Angleterre et à Londres. 

Malgré les appels à la prudence de scientifiques,  il a toutefois estimé qu'il n'y avait aucune raison de repousser l'assouplissement prévu lundi, avec le retour du service en salles dans les pubs et restaurants, la réouverture des lieux culturels et des stades en capacité limitée, et la reprise des voyages à l'étranger. 

Le comité scientifique conseillant le gouvernement (Sage) a estimé qu'il existait une "possibilité réaliste" que le variant soit jusqu'à 50% plus contagieux que celui apparu fin 2020 dans le sud-est en Angleterre. Ce dernier avait entraîné une flambée des contaminations et des décès au Royaume-Uni, contraignant le pays à se reconfiner pour de longs mois en janvier. 

S'il s'avère de 40% à 50% plus contagieux, assouplir les restrictions lundi pourrait "conduire à une recrudescence substantielle des hospitalisations" qui serait "similaire ou plus importante que les pics précédents", quand les services de santé étaient au bord de la saturation, a mis en garde le comité.  

Le nombre de cas attribués au variant indien au Royaume-Uni a grimpé de 520 la semaine dernière à 1.313 cette semaine, selon le ministère de la Santé. 

Pour enrayer la propagation du variant B1.617.2, l'intervalle entre les deux doses de vaccin (jusqu'à trois mois) sera réduite à huit semaines pour les personnes de plus de 50 ans et les plus vulnérables, tandis que le dépistage sera renforcé dans les zones touchées. 

"Si les gens ont été vaccinés deux fois (...) nous avons une certitude croissante, sur la base de premières données de laboratoire (...), que les vaccins sont efficaces contre le variant indien", qui risque fort de devenir "dominant" au Royaume-Uni, a souligné Matt Hancock sur la BBC. 

Plus de 36 millions de personnes ont reçu une première dose de vaccin anti-Covid depuis le lancement de la campagne de vaccination début décembre, et près de 20 millions en ont eu une deuxième. 

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