15.04.21
20:15

Ouverture de restaurants avant le 8 mai: que risquent le restaurateur, le client et le bourgmestre ?

La réouverture des terrasses le 8 mai n’a pas vraiment convaincu dans le monde de l’Horeca. Avant même le Comité de concertation de ce mercredi, le sujet des terrasses avait suscité les réactions de plusieurs autorités du pays. Le gouverneur de la Province de Liège s'était dit favorable à la réouverture des terrasses le 1er mai. Selon lui, il est possible de rouvrir les terrasses avec les règles en vigueur à l'extérieur : quatre personnes maximum par table et des tables espacées d'1m50.

Hervé Jamar, a en tous cas déclaré qu’il ne s’opposerait pas à la réouverture des terrasses dès le 1er mai, même si la décision revient au Comité de concertation. Une proposition qu’il a faite aux bourgmestres de la région liégeoise, mais aussi aux gouverneurs des autres provinces.

De son côté, le bourgmestre d'Etterbeek demande que les bourgmestres bruxellois aient compétence en matière d’ouverture des terrasses dès le 1er mai.

Aujourd'hui, beaucoup de restaurateurs et de gérants de cafés ou bars entendent faire comprendre leur manque de compréhension face à la décision d'une réouverture le 8 mai. Plusieurs centaines ont déjà annoncé qu’ils ouvriraient le 1er mai, qu’importe la loi.

"On a décidé d'enfreindre une dictature ministérielle. On suit notre bon sens et notre conscience",

nous confie Maxence, un restaurateur.
 

Qui risque quoi ?

Hier, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden nous expliquait que si un établissement ouvre avant le 8 mai, il risque une amende, tout comme les clients présents illégalement. Les gouverneurs ou les bourgmestres s'exposent, quant à eux, s'ils autorisent des ouvertures avant la date permise, à des sanctions du ministère de l'Intérieur mais aussi des entités fédérées, responsables pour les statuts et les lois disciplinaires. Les risques de sanctions disciplinaires ou de révocation existent mais sont peu probables.

Concrètement, les restaurateurs s'exposent à des amendes allant de 750 à 4000 euros d'amende, mais aussi au possible remboursement des aides régionales reçues et même des fermetures forcées.

Les bourgmestres pourraient ainsi procéder à des fermetures temporaires pour troubles à l'ordre public.

Pour le client, potentiel complice aux yeux du code pénal, le risque est plus faible mais reste présent. Il pourrait se voir reprocher certains comportements pour d'autres raisons que le fait de s'être rendu au restaurant. Il pourrait donc se faire sanctionner pour non respect du port du masque à Bruxelles. On parle alors d'amendes possibles de 250 euros.

 

Reportage: Pol Loncin et Romuald La Morté
LN24

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