26.03.21
09:14

Un pied dedans, un pied dehors

Le MR peut-il rester dans un gouvernement qu’il critique sans arrêt? C'est la question posée par Martin Buxant dans La Matinale.

L’onde de choc du Comité de concertation de mercredi continue de se propager. Les crevasses entre formations politiques sont aujourd’hui à ce point profondes qu’il faut de solides crampons pour que ce gouvernement fédéral n’y tombe pas et ne soit pas englouti à jamais.

Le Premier ministre Alexander De Croo a du faire une parenthèse hier, jeudi, à son sommet européen, pour venir recadrer le message lors de la session plénière parlementaire. Un message passablement confus et disparate. A dire vrai, ce  n’est qu’aujourd’hui, deux jours plus tard, qu’on commence à comprendre ce qui va se passer, notamment dans l’enseignement, et encore…

Quand on dit recadrer le message, c’est surtout recadrer les libéraux francophones. De Croo ne supporte pas les sorties critiques du président du MR Georges-Louis Bouchez et a demandé qu’on reste solidaire des décisions prises en codeco. (Lire les détails ici)

Du coup, ça la met mal pour les libéraux qui siègent en Comité de concertation et qui, eux, avalisent et cautionnent les décisions. Suivez mon regard, essentiellement Sophie Wilmès et David Clarinval. Eux sont aujourd’hui assis entre deux chaises, celles de leur formation politique qui trouve que la stratégie menée pour battre le Covid n’est pas la bonne et le gouvernement fédéral dont ils font partie.

Ce grand écart libéral est-il tenable encore longtemps? Réponse: non.

 

Du point de vue du gouvernement, subir sans arrêt les critiques d’un des partenaires de majorité sur quelque chose d’aussi fondamental que la lutte anti-covid, ça mine toute la confiance de l'équipe, ça brouille complètement les messages qui viennent du gouvernement et en gros, ça l’affaiblit. Le PS ne s’y est pas trompé d’ailleurs, hier, puisqu’il a fustigé les jeux politiques des libéraux en demandant que tout cela cesse immédiatement

Du point de vue MR, maintenant, c’est un billard à plusieurs bandes: est-ce que critiquer des mesures qui ont été prises est porteur électoralement? Est-ce que mettre en porte-à-faux ses propres ministres permet d’engranger des points politiques? Pas certain. Ce qui est certain, en revanche, c’est le risque de voir la cohésion du MR, qui n’a d’ailleurs jamais été très grande, se fissurer sur cette pratique de la "participe opposition".  A la fois dans et hors du gouvernement Un pied dedans, un pied dehors.

Mais il n’y a pas que le MR qui est dans le collimateur du Premier ministre. La N-VA l’est également, à une nuance près qu’elle ne fait pas partie du gouvernement fédéral. Mais Ben Weyts, le ministre flamand de l’Enseignement, a répété hier que les décisions du Comité de concertation étaient mauvaises, qu’il ne fallait pas fermer les écoles. Et la N-VA a attaqué Frank Vandenbroucke très durement au parlement sur la mauvaise campagne de vaccination de la Belgique. Le ministre de la Santé a répondu sèchement à la députée qui l’interrogeait – par ailleurs pharmacienne - que si elle pensait mieux faire, elle n’avait qu’à produire des vaccins dans sa pharmacieAmbiance.

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