25.03.21
16:21

Furieux, De Croo recadre le MR de Bouchez: "C'est la dernière fois!"

"C'est la dernière fois. Ca ne va plus du tout!" Le Premier ministre Alexander De Croo est furieux et l'a fait savoir en kern ce matin, nous confirment plusieurs sources. Le président du MR Georges-Louis Bouchez doit cesser ses déclarations très critiques sur les décisions du Comité de concertation et faire preuve de solidarité gouvernementale.

Hier, dès la fin des annonces, GLB avait parlé sur Twitter de "triple échec. Il est aussi regrettable que le fardeau pèse essentiellement sur la Belgique qui travaille. Il faut des données objectives pour apprendre à vivre avec le virus et surtout accélérer la vaccination."

Pourtant, le MR est un parti du gouvernement, et la famille libérale est la plus représentée en Comité de concertation avec cinq Bleus dont trois MR (et deux Open VLD). "Tout le monde a soutenu les mesures prises et puis il y a Bouchez qui fait ses sorties," nous répète-t-on. "Cette attitude, c'est du jamais vu. C'est sans précédent", ajoute un chef de groupe.

 

Dès hier soir, quelques heures après cette sortie, un coup de fil du chef de son gouvernement l'a rappelé une première fois à l'ordre. Et ce matin, c'est très énervé pendant le Conseil des ministres restreint que De Croo a sifflé la fin de la récréation. "Ce n'est plus possible de telles déclarations de la part d'un président de parti du gouvernement."

Selon nos informations, le Vice-premier socialiste Pierre-Yves Dermagne en a rajouté ensuite une couche: "Dans le passé, une telle attitude aurait provoqué la chute du gouvernement!"

Tous les présidents des partis gouvernementaux sont sur la même ligne: Bouchez doit se taire. Les libéraux flamands de l'Open VLD sont particulièrement remontés. Patrick Dewael a d'ailleurs parlé dans les deux langues au Parlement ce jeudi, acte peu fréquent et "sans doute peu anodin vu le niveau de GLB dans la langue de Vondel", nous souffle-t-on sournoisement dans les couloirs de la Chambre. 

 

"On en a un peu marre"

Au sein de son parti aussi, on s'agace. On nous glisse l'irritation de plusieurs personnalités libérales. "On en a un peu marre que nos ministres MR se retrouvent tout nus à cause de leur président." Si le "groupe des 10 sages" censé encadré Georges-Louis Bouchez depuis octobre dernier n'a pas été convoqué (certes, c'est lui-même qui doit normalement déclencher la procédure), de nombreux militants MR nous remontent aussi qu'ils ne "comprennent pas que les instances ne se bougent pas."

Le groupe parlementaire MR, lui, fait bloc derrière son président. Mais la sortie du député fédéral MR Denis Ducarme sur Twitter fâche par contre très fort. Le principal intéressé revendique de son côté sa liberté de parole.

 

"Pas le porte-parole du gouvernement"

Du côté de l'entourage proche de Georges-Louis Bouchez, on estime que les remarques contre lui "sont honteuses au vu du contexte actuel. Il est président de parti et non porte-parole du gouvernement. Il a le droit de s'exprimer." 

"Ces simagrées politiciennes n'intéressent que ceux qui les font fuiter," nous dit son entourage qui rappelle que "d'autres dans le passé, comme Frank Vandenbroucke et Jean-Marc Nollet et ont remis en cause dans le passé des décisions sans qu'on crie au scandale. C'est un écran de fumée. Bouchez voulait mettre en avant ce qui n'a pas été et la stratégie concernant les métiers de contact. Qui peut dire que ce lockdown n'est pas un échec, qu'on n'a pas loupé quelque chose quelque part? Si quelque chose ne fonctionne pas, il faut l'analyser et changer les choses. On tape facilement sur Bouchez, alors que Paul Magnette a soutenu les syndicats sur l'accord interprofessionnel, par exemple." 

 

Romuald La Morté

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