19.02.21
15:00

Le partage des vaccins discuté au premier G7 virtuel de Biden

Les dirigeants du G7 s'emploieront vendredi à faciliter l'accès des pays pauvres aux vaccins contre le Covid, lors de leur première réunion virtuelle depuis l'arrivée au pouvoir de Joe Biden, sur la promesse d'une diplomatie en rupture avec celle de Donald Trump.

L'entretien prévu dans l'après-midi entre les dirigeants des États-Unis, de France, du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Italie, du Japon, du Canada, en présence des chefs de l'Union européenne, sera mené par le Premier ministre britannique Boris Johnson, le Royaume-Uni assurant la présidence tournante du groupe.

Cet échange est le premier depuis avril 2020, la situation sanitaire ayant conduit à l'annulation du sommet que devait accueillir Donald Trump. Entre temps, l'arrivée à la Maison Blanche de son successeur démocrate a mis fin à quatre ans d'unilatéralisme, Washington signalant son retour dans les organisations multilatérales, comme l'accord de Paris sur le climat et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Confirmant cette tendance, Joe Biden promettra vendredi quatre milliards de dollars pour le dispositif onusien Covax. Piloté par l'OMS, ce programme vise à fournir cette année des vaccins anti-Covid à 20% de la population de près de 200 pays et territoires participants, mais il comporte surtout un mécanisme de financement qui permet à 92 économies à faibles et moyens revenus d'avoir accès aux précieuses doses.

De son côté, l'UE va annoncer le doublement de sa contribution à Covax, à un milliard de dollars et une contribution de 100 millions d'euros d'aide humanitaire en faveur de la campagne de vaccination en Afrique.

Les grands puissances ont lancé, avec des succès divers, des campagnes de vaccination massive contre le coronavirus, à l'origine de plus de 2,4 millions de morts dans le monde, mais les pays défavorisés restent pour l'instant à l'écart du mouvement.

Les pays riches ont commandé d'énormes quantités de doses, sans savoir si ces vaccins seraient efficaces, mais vu le nombre de projets qui ont abouti, ils vont se retrouver avec des centaines de millions de doses excédentaires à leur disposition.

 

Macron veut aller "très vite"

Boris Johnson, qui peut se targuer du succès de sa campagne de vaccination, a promis de redistribuer la plus grande partie de ses surplus via Covax. Mais son gouvernement, pressé de sortir d'un troisième confinement très dur, veut donner la priorité à sa population.

"Notre premier devoir est de protéger notre population", a expliqué le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères James Cleverly sur la BBC, tout en réaffirmant la volonté de Londres d'aider les pays les plus pauvres.

Le président français Emmanuel Macron voudrait aller plus vite. Jugeant "insoutenable" que les pays pauvres soient délaissés, il a plaidé dans le Financial Times pour que les pays riches envoient 3% à 5% de leurs doses disponibles à l'Afrique "très vite, et que les gens les voient arriver sur le terrain."

"Cela ne ralentit pas d'un jour" la stratégie vaccinale occidentale, a-t-il assuré. Il a mis en garde contre une "guerre d'influence" faute d'action, citant la Chine et la Russie.

 

Climat et Chine

A quatre mois du sommet que compte organiser le Royaume-Uni dans une station balnéaire des Cornouailles, cette rencontre marque le premier échange multilatéral de Joe Biden.

Au fil de ses premières conversations téléphoniques et discours, il a déjà esquissé les grandes lignes de l'évolution de la diplomatie américaine: discours plus dur envers la Russie de Vladimir Poutine, volonté de revenir dans l'accord sur le nucléaire iranien, et gages à des alliés malmenés.

Signe d'une volonté de réparer les relations transatlantiques, Joe Biden doit également intervenir vendredi après-midi, avec Angela Merkel et Emmanuel Macron, à la Conférence sur la sécurité de Munich, une première pour un président américain lors de cet événement annuel réunissant chefs d’État, diplomates et spécialistes de la sécurité.

Lors de cette "visite virtuelle en Europe", le message principal du démocrate sera de souligner "le retour des Etats-Unis vers un engagement multilatéral" avec les grandes puissances, selon un responsable américain.

Joe Biden veut également profiter de la réunion du G7 pour réaffirmer la priorité donnée par son administration à la question du climat, alors que Washington rejoint formellement vendredi l'accord de Paris.

En revanche, pas de rupture avec Donald Trump concernant la Chine, envers laquelle Washington veut réaffirmer sa fermeté.

 

AFP

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