14.12.20
09:31

Si le communautaire était discipline olympique…

L’actualité politique est marquée par la reprise des joutes communautaires. Explications avec Martin Buxant dans les "faits du jour" de La Matinale.

Si le dialogue communautaire était discipline olympique, les Belges auraient quelques médailles d’or. Ce week-end, on n'a pas lésiné puisque ce sont les deux présidents des deux plus grands partis de Belgique qui sont sortis du bois: Bart De Wever et Paul Magnette.

 

Ca commence quand même doucement à sentir le faisandé pour Bart De Wever, qui ressasse et ressasse encore et toujours le même discours. Et il est nostalgique, Bart De Wever. Pour la énième fois, il répète qu’il était à deux doigts d’un grand accord sur le confédéralisme avec les socialistes francophones, mais qu’à cause des méchants libéraux flamands (des "traîtres", explique-t-il dans une interview accordée au Tijd), tout son joli plan pour faire de la Belgique une terre confédérale est tombée a l’eau. Au-delà du couplet Calimero "c’est trop injuste", auquel De Wever nous a déjà habitués, l’intérêt de cette interview réside ici: De Wever est convaincu qu’en 2024, il pourra avoir son grand accord avec le parti socialiste et les francophones. En revanche, il refuse de s’allier avec le Vlaams Belang pour bloquer le système. Ce n’est pas comme cela qu’on fera avancer la cause flamande, dit-il. Et De Wever de traiter le Vlaams Belang de "bœuf": il a beau devenir très gros et très musclé, ça reste un bœuf, c’est-à-dire impuissant…

 

Le président de la N-VA compte d’ailleurs beaucoup sur les ministres socialistes Dermagne et Dermine. Selon lui, la désignation de ces deux régionalistes wallons par Paul Magnette à des postes-clés du gouvernement prouve que le PS veut avancer vers une régionalisation de la Belgique. Et finalement, les propos de Magnette confirment assez bien ce diagnostic. En mission commando à la télévision flamande ce week-end, Paul Magnette a expliqué que la Belgique fonctionnerait mieux en se basant sur quatre régions. Et notamment à Bruxelles où on pourrait ainsi liquider la présence des deux communautés francophone et flamande, et confier à la Région l’organisation d’un enseignement bilingue. A voir si ce point de Bruxelles passe la rampe chez les nationalistes flamands, mais dans tous les cas, une Belgique des régions, c’est comme du miel dans leur lait chaud: ils en raffolent. Et Magnette a été clair: il est prêt à discuter de tout, y compris des transferts d’argent entre nord et sud du pays.

Aucun doute: la Belgique va encore gagner quelques médailles olympiques en palabres communautaires.

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