09.12.20
16:26

En cas de "no deal", Di Rupo n’exclut pas de recourir au droit de véto wallon

En cas de "no deal", Elio Di Rupo n’exclut pas de demander au Parlement de Wallonie d’utiliser son droit de véto à l’adoption d’accords commerciaux avec le Royaume Uni, annonce le président wallon par communiqué.

La Wallonie dispose d’un pouvoir législatif lui conférant d’accepter ou non les accords commerciaux internationaux. "Je n’hésiterai pas à demander au Parlement de Wallonie d’utiliser son droit de véto, comme ce fut le cas pour le CETA, si les futurs accords commerciaux avec le Royaume-Uni transgressent les lignes rouges fixées par mon Gouvernement et par la plupart des pays de l’Union européenne. Je veux aussi mettre en exergue la nécessité de trouver un accord dans l’intérêt des régions européennes qui seront les plus proportionnellement impactées. Je pense en particulier à la Flandre," déclare Elio Di Rupo.

Le Comité européen des Régions s’est réuni ce mercredi 9 décembre en séance plénière pour discuter des conséquences du Brexit sur les régions et villes européennes.  Pour Elio Di Rupo, "cela fait des mois que nous vivons au gré des sauts d’humeur de Boris Johnson. Son attitude ne nous permet pas de voir clair en l’avenir des relations UE et du Royaume-Uni. Cette attitude crée de grandes incertitudes pour des milliers d’entreprise et des centaines de milliers de travailleurs qui ont très peur de perdre leur emploi." 

Pour la Région wallonne, un "no deal" pourrait représenter jusqu’à 5.000 emplois perdus, affirme le cabinet du ministre-président. Le Royaume-Uni est le 7ème fournisseur de la Wallonie. 

 

Trois sujets bloquent

A peine trois semaines avant la rupture définitive, les discussions entre Britanniques et Européens continuent d'achopper sur les trois mêmes sujets: l'accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées à Londres par l'UE en matière de concurrence en échange d'un accès sans tarifs ni quotas à son immense marché. 

Depuis son départ officiel de l'UE le 31 janvier, le Royaume-Uni continue d'appliquer les règles européennes. Ce n'est qu'à la fin de cette période de transition, le 31 décembre, qu'interviendra sa sortie du marché unique et de l'union douanière.

Faute d'accord de libre-échange trouvé, traduit en texte de loi et ratifié d'ici là, les échanges entre Londres et l'UE se feront dès le 1er janvier selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d'un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus.

 

"On peut encore arriver à un bon accord"

Le chef du gouvernement britannique Boris Johnson a jugé mercredi qu'il était encore possible d'arriver à un "bon accord" commercial post-Brexit avec l'Union européenne malgré des exigences à ses yeux inacceptables de Bruxelles en l'état. "On peut encore arriver à un bon accord", a déclaré M. Johnson devant les députés, avant de se rendre à Bruxelles rencontrer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à trois semaines de la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen. Il a ajouté cependant qu'il restait des divergences en raison des exigences des Européens sur les conditions de concurrence équitable et la pêche. "Je pense que ce sont des termes qu'aucun Premier ministre de ce pays ne devrait accepter", a-t-il estimé.

M. Johnson a assuré que quelle que soit l'issue des négociations post-Brexit, "ce pays sera prêt". "Il y aura des emplois créés dans tout le Royaume-Uni, non pas malgré le Brexit mais grâce au Brexit car ce pays deviendra un aimant pour les investissements étrangers", a-t-il insisté.

Partager cet article

En lien avec l'article