04.09
11:48

Les recherches se poursuivent sous les décombres de Beyrouth

Des battements de coeur ont été détectés au scanner, un espoir de retrouver encore un survivant, un mois jour pour jour après la gigantesque explosion au port.

Une équipe de secouristes chiliens récemment dépêchée dans la capitale libanaise a repéré jeudi, grâce à un chien renifleur et des scanners thermiques, des pulsations sous les décombres d'un bâtiment, donnant l'espoir de retrouver un survivant de l'explosion qui a détruit le 4 août des pans entiers de Beyrouth, faisant 191 morts et blessant plus de 6.500 personnes.

Des membres de la Défense civile et des secouristes ont soulevé à la main les gravats du bâtiment vendredi matin, a constaté un photographe de l'AFP. Deux grues ont permis dans la nuit de retirer des murs qui menaçaient de s'effondrer.

"Nous avons enlevé des décombres, mais nous ne sommes pas encore parvenus à un résultat", a déclaré à l'AFP le directeur des opérations de la Défense civile, George Abou Moussa.

Selon le gouverneur de Beyrouth, Marwan Abboud, il pourrait y avoir un ou deux corps, et peut-être un survivant, les appareils ayant permis de détecter des "battements cardiaques".

"Après avoir enlevé les gros gravats, nous avons effectué de nouveaux tests pour surveiller le rythme cardiaque ou la respiration, et cela a révélé un faible rythme (...) sept battements par minute", a déclaré vendredi Nicolas Saadeh, qui coordonne les recherches. La veille, un rythme de 16 à 18 battements par minute avait été détecté.

 

"Des vivants" 

 

Le Liban ne possède ni l'équipement ni les capacités techniques pour gérer de telles catastrophes. Plusieurs pays ont rapidement dépêché des équipes de secours et d'assistance technique après l'explosion.

L'arrêt des recherches durant la nuit a provoqué la colère de certains Libanais sur les réseaux sociaux pointant du doigt les autorités jugées responsables du drame par leur incurie.

"Je ne peux penser qu'à une seule chose: qu'un homme se faufile à travers les décombres, ouvrant le chemin vers des vivants", a écrit l'ingénieur Jad Nasrallah.

L'armée a affirmé dans un communiqué vendredi que les travaux avaient été suspendus pendant deux heures "en raison du risque d'effondrement d'un des murs fissurés du bâtiment". Sept personnes sont toujours portées disparues, selon l'armée.

La Banque mondiale a estimé les dégâts et pertes économiques de la déflagration à entre 6,7 et 8,1 milliards de dollars.

Dans les quartiers sinistrés, des bénévoles et ONG s'activent toujours pour aider les habitants à réparer leurs maisons et distribuent des aides.

Selon les autorités, l'explosion a été causée par 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans mesures de précaution depuis des années au port. Mais selon des médias locaux, la quantité ayant explosé était moindre, un partie du nitrate d'ammonium ayant été retiré au fil des années de l'entrepôt.

Jeudi, l'armée a annoncé avoir découvert des conteneurs contenant plus de quatre tonnes de nitrate d'ammonium au port. Il n'a pas été précisé si ces substances chimiques faisaient partie des 2.750 tonnes initiales.

Le juge libanais chargé de l'enquête a entendu jeudi le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab, premier haut responsable à témoigner.

Parmi les 25 personnes arrêtées après le drame figurent le directeur général du port, Hassan Koraytem, le directeur général des douanes, Badri Daher, le directeur général du transport maritime et terrestre, Abdel Hafiz Al-Kaissi, et quatre officiers.

 

"Nous ne comprenons rien" 

 

L'explosion a aggravé la situation dans un pays déjà en proie à une grave crise économique et politique.

Le gouvernement Diab a démissionné le 10 août. Moustapha Adib a été nommé pour lui succéder, sous la pression internationale, en particulier de la France, dont le président Emmanuel Macron s'est rendu à Beyrouth à deux reprises après l'explosion.

M. Adib s'est engagé à former un gouvernement d'experts rapidement pour rétablir "la confiance des Libanais", qui appellent au départ de toute la classe politique.

Mais la colère est toujours vive au sein de la population. 

"Un mois après la tragédie... et nous attendons toujours de voir un visage, face à un cœur battant sous les pierres. Nous ne comprenons toujours rien", a écrit sur Facebook, Rita Barota, universitaire dont la mère a été blessée dans l'explosion.

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