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Bélarus: résumé des événements depuis la réélection contestée du président

Réélection contestée d'Alexandre Loukachenko pour un sixième mandat, manifestations réprimées dans la violence, opposante réfugiée en Lituanie... Voici le film des événements depuis dimanche au Bélarus.

Le dimanche 9 août, le président Alexandre Loukachenko, 65 ans, qui dirige l'ex-république soviétique d'une main de fer depuis 1994, brigue un 6e mandat. Sa principale adversaire est une novice en politique, Svetlana Tikhanovskaïa, 37 ans, devenue l'égérie de l'opposition après avoir remplacé dans la course à la présidentielle son époux, le vidéoblogueur Sergueï Tikhanovski, arrêté le 29 mai.

Dans la soirée, un sondage officiel donne le président sortant largement en tête avec près de 80% des voix. Svetlana Tikhanovskaïa réfute ces estimations. "La majorité est avec nous", affirme-t-elle.

Dans la nuit, des manifestations antigouvernementales à travers le pays sont violemment réprimées, 3.000 manifestants sont arrêtés et des dizaines de personnes blessées. 

 

2e soirée de manifestations, un mort

Lundi matin, les premiers résultats officiels donnent Alexandre Loukachenko vainqueur avec 80% des voix, loin devant Svetlana Tikhanovskaïa créditée de quelque 10%. Cette dernière revendique la victoire et demande à Alexandre Loukachenko de "céder le pouvoir".

La Russie, la Chine et le Venezuela saluent la réélection du chef de l'Etat sortant, mais de nombreux autres pays et l'Union européenne mettent en doute l'honnêteté du scrutin et condamnent la répression des manifestations d'opposition.

Pour la deuxième soirée consécutive, des protestations sont dispersées par la police à Minsk et dans d'autres villes, avec 2.000 arrestations. 

Un manifestant est tué dans la capitale par un engin explosif qu'il s'apprêtait à lancer sur les forces de l'ordre, selon la police.

Svetlana Tikhanovskaïa ne participe pas aux rassemblements pour, selon son entourage, éviter les "provocations".

 

Tikhanovskaïa se réfugie en Lituanie

L'opposante déclare mardi dans une vidéo avoir pris la "décision difficile" de quitter son pays pour la Lituanie, confirmant une annonce de Vilnius. "Je sais que beaucoup me condamneront, beaucoup me comprendront, beaucoup me haïront", déclare-t-elle, évoquant ses deux enfants, déjà mis à l'abri dans ce pays par crainte de pressions du pouvoir.

L'agence de presse étatique bélarusse Belta diffuse une vidéo de Svetlana Tikhanovskaïa dans laquelle elle lit d'une voix monocorde un texte appelant au "respect de la loi" et à ne pas "descendre dans la rue". Ses soutiens affirment que l'enregistrement a été réalisé "sous la pression", probablement lundi soir, lorsque l'opposante a été retenue plusieurs heures au siège de la Commission électorale.

L'Union européenne dénonce une élection "ni libre ni équitable", exige la fin de la répression et menace de ré-imposer des sanctions contre le Bélarus.

 

3e nuit de manifestations, tirs à balles réelles

De nouvelles manifestations ont lieu dans la nuit de mardi à mercredi, encore une fois violemment dispersées. Selon les autorités, les contestataires sont moins nombreux. Environ mille personnes sont arrêtées.

La police reconnaît avoir tiré avec des armes à feu sur des manifestants "agressifs" à Brest (sud-ouest), blessant une personne.

Une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l'UE est annoncée pour vendredi. La Pologne, la Lettonie et la Lituanie proposent sans attendre un plan de médiation.

De Prague, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo appelle le régime à ne pas recourir à la force. "Nous voulons que le peuple bélarusse jouisse des libertés qu'il réclame", déclare-t-il. Le président français Emmanuel Macron exprime sa "très grande préoccupation", lors d'un échange téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine.

 

Deuxième décès

Les autorités confirment mercredi soir la mort en détention d'un homme interpellé lors d'un rassemblement à Grodno (sud-est), deuxième décès depuis le début de la contestation.

L'écrivaine Svetlana Alexievitch, seule Bélarusse distinguée par un prix Nobel, exhorte le président Loukachenko à quitter le pouvoir, dans une interview à Radio Liberty.

Jeudi matin, les autorités annoncent 700 nouvelles arrestations, portant à plus de 6.700 le total depuis dimanche.

La mobilisation continue en ordre dispersé dans plusieurs villes, dont Minsk. Des dizaines de femmes vêtues de blanc constituent d'éphémères chaînes humaines pacifiques, fleurs à la main.

AFP

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