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09:34

Les multiples fronts Pékin-Washington sous l'ère Trump

Hong Kong, Taïwan, coronavirus, répression des Ouïghours, Huawei... Les pommes de discorde se multiplient entre les Etats-Unis et la Chine depuis l'élection de Donald Trump fin 2016.

Taïwan

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi une prochaine visite à Taïwan de leur secrétaire à la Santé, un affront fait à la Chine qui n'accepte aucune relation officielle entre cette île qu'elle considère comme une de ses provinces et des pays tiers. Aucun ministre américain de ce rang ne s'est rendu à Taipei depuis que Washington a établi des relations diplomatiques avec le régime communiste en 1979. Pékin accuse le gouvernement Trump de "mettre en danger la paix" dans le détroit de Taïwan.

 

Espionnage

Washington a ordonné le 21 juillet la fermeture sous trois jours du consulat de Chine à Houston, accusé d'être le "coeur" d'un "réseau d'espions". Pékin a répliqué trois jours plus tard en fermant le consulat des Etats-Unis à Chengdu. Des employés américains y ont "mis en danger la sécurité et les intérêts chinois", selon Pékin.

 

Coronavirus 

En mars, Donald Trump suscite l'ire de la Chine en parlant de "virus chinois" pour nommer le nouveau coronavirus. Côté chinois, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères se fait l'écho d'une théorie d'après laquelle l'armée américaine a importé le virus en Chine.

En mai, Pékin met l'accent sur "des erreurs et des lacunes" dans la gestion américaine de l'épidémie. Donald Trump rétorque que "c'est l'incompétence de la Chine qui a provoqué cette tuerie de masse mondiale". Il accuse les autorités chinoises d'avoir dissimulé l'ampleur de l'épidémie, apparue fin 2019 à Wuhan. 

 

Vaccins

Le FBI accuse en mai des pirates informatiques, des chercheurs et des étudiants de voler des informations d'instituts américains au profit de Pékin. La Chine crie à la "diffamation".

Deux Chinois sont inculpés le 21 juillet aux Etats-Unis, accusés d'avoir mené des attaques informatiques, notamment contre des entreprises engagées dans la recherche d'un vaccin.

 

Hong Kong 

En représailles à la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin à Hong Kong fin juin, Washington révoque le statut commercial préférentiel accordé à l'ex-colonie britannique, restreint l'octroi de visas pour les responsables chinois accusés de "remettre en cause" l'autonomie de ce territoire semi-autonome et arrête la vente d'équipements de défense sensibles à Hong Kong. Pékin dénonce une "ingérence" dans ses affaires intérieures.

 

Xinjiang

Les Etats-Unis infligent début juillet des sanctions à plusieurs dirigeants de la région chinoise du Xinjiang (nord-ouest), accusés de "graves atteintes" aux droits de l'Homme, puis placent 11 entreprises chinoises, soupçonnées de participer à la persécution de la minorité ouïghoure, sur une liste noire limitant leur accès à des technologies et des produits américains.

Washington accuse Pékin d'avoir fait interner au Xinjiang au moins un million de musulmans. La Chine dément et parle de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi pour l'éloigner de la tentation du terrorisme.

 

Guerre commerciale

Les Etats-Unis déclarent la guerre commerciale en mars 2018. C'est rapidement l'escalade, à coups de droits de douane sur des centaines de milliards de dollars d'échanges bilatéraux.

Les deux puissances finissent par signer en janvier 2020 un accord préliminaire, par lequel Pékin s'engage à accroître de 200 milliards de dollars sur deux ans ses achats de produits américains.

En juillet, Donald Trump dit ne pas envisager "pour le moment" de deuxième phase à l'accord, les relations étant "gravement endommagées".

 

Huawei

Washington accuse le géant chinois des télécoms Huawei d'espionnage potentiel et a interdit à aux entreprises américaines de commercer avec lui. Les Etats-Unis font pression sur leurs alliés pour les dissuader d'utiliser des équipements de cette société pour la mise en place du réseau 5G, la nouvelle génération de l'internet mobile.

Fin 2018, le gouvernement Trump obtient l'arrestation au Canada de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, pour une accusation de de viol de l'embargo contre l'Iran. Washington réclame son extradition vers les Etats-Unis à Ottawa, qui doit gérer une grave crise avec Pékin.

 

TikTok 

Donald Trump a donné lundi jusqu'à mi-septembre à l'application de vidéos courtes, très populaire chez les adolescents, pour trouver un repreneur, comme Microsoft, sous peine d'être fermée aux Etats-Unis. TikTok est la propriété d'un groupe chinois, ByteDance. Pékin accuse Washington de se livrer à "une intimidation pure et simple".

 

Médias

Fin février, trois journalistes du Wall Street Journal sont expulsés de Chine en représailles à un titre de ce quotidien américain jugé raciste par Pékin.

Dans la foulée, Washington réduit le nombre des Chinois autorisés à travailler pour les médias d'Etat de leur pays aux Etats-Unis. Plusieurs dizaines d'entre eux doivent plier bagage. La durée des visas de tous les journalistes chinois est réduite à 90 jours. 

Les autorités chinoises ripostent en expulsant une dizaine de correspondants américains.

 

Mer de Chine méridionale

Début juillet, le Pentagone se dit "préoccupé" par des manoeuvres militaires chinoises autour de l'archipel des Paracels, contrôlé par Pékin en mer de Chine méridionale mais également revendiqué par le Vietnam.

Les jours suivants, deux porte-avions américains procèdent à des exercices dans la région, pour défendre le principe de la "liberté de navigation"

 

AFP

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