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21:25

Les Etats-Unis et l'Australie vantent leur "alliance indestructible" face à la Chine

Les Etats-Unis et l'Australie ont affiché mardi à Washington leur "alliance indestructible", avec une promesse de coopération militaire accrue pour faire front commun face à la Chine.

Réunis depuis lundi pour leurs discussions bilatérales annuelles, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays ont évoqué "longuement les activités néfastes du Parti communiste chinois dans la région indo-pacifique", selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

"Les Etats-Unis sont conscients de la menace à laquelle vous êtes confrontés, comme le reste du monde libre, et nous sommes à vos côtés dans notre alliance indestructible", a-t-il ajouté en saluant la fermeté de Canberra.

Il a aussi remercié les ministres australiennes d'avoir fait le déplacement, alors qu'elles devront respecter une quarantaine à leur retour; en raison du coronavirus.

Si les relations sino-américaines traversent leur pire passe, avec une crise au parfum de Guerre froide, l'Australie s'est aussi retrouvée en première ligne lorsqu'elle a appelé à une enquête internationale indépendante sur les origines de la pandémie de coronavirus.

Cette requête a suscité la colère de la Chine, qui a pris des sanctions commerciales contre des produits australiens, alors que le président américain Donald Trump accuse déjà Pékin d'être responsable de sa propagation planétaire.

Mais l'escalade s'est aggravée autour du sort de Hong Kong après l'imposition par les autorités chinoises d'une loi sur la sécurité nationale qui s'apparente à une reprise en main de l'ex-colonie britannique jusque-là semi-autonome.

Canberra a suspendu son traité d'extradition avec Hong Kong et prolongé les visas d'environ 10.000 Hongkongais vivant dans le pays.

 

"Message clair"

Face à la hausse des tensions avec la Chine, l'Australie a aussi révisé début juillet sa stratégie de défense, avec le renforcement de sa capacité de frappe à longue portée.

La ministre australienne de la Défense Linda Reynolds a annoncé mardi avoir signé avec son homologue américain Mark Esper une "déclaration de principes" sur la coopération militaire pour défendre la "vision partagée" d'une région indo-pacifique "ouverte et libre" -- afin de contrecarrer les ambitions expansionnistes chinoises jugées illégitimes.

Elle a ajouté que les deux puissances du Pacifique s'étaient engagées à "approfondir" leur partenariat industriel en matière notamment d'armes "hypersoniques".

Mark Esper a lui évoqué des manoeuvres navales conjointes avec les armées australienne et japonaise en mer des Philippines, censées "adresser un message clair à Pékin: nous continuerons à voler, à naviguer et à opérer partout où le droit international nous le permet".

Interrogé sur la possibilité d'envoyer davantage de soldats et/ou missiles à portée intermédiaire américains en Australie, le chef du Pentagone n'a pas répondu directement mais a évoqué "l'intention" des deux alliés de "déployer l'ensemble de leurs capacités et stratégies dans les prochaines années".

Le communiqué conjoint fait même état d'un groupe de travail commun chargé de faire des "recommandations" sur une éventuelle augmentation des effectifs militaires.

Cet affichage devrait déplaire à Pékin, qui avait mis en garde contre tout "message erroné" issu de la rencontre américano-australienne, demandant de ne "pas cibler une tierce partie ou nuire à ses intérêts".

L'administration Trump, déjà engagée dans une guerre commerciale avec le géant asiatique, a récemment élargi sa confrontation, sanctions à l'appui, à tous les aspects de leurs relations, de Hong Kong aux accusations de répression contre les musulmans ouïghours en passant par les soupçons contre l'implication de Huawei dans le déploiement de la 5G.

La semaine dernière, Washington a imposé la fermeture du consulat chinois à Houston, au Texas, sur fond d'accusations d'espionnage économique. Pékin a immédiatement riposté en fermant le consulat américain à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine.

Cette compétition acharnée pour la suprématie mondiale prend de plus en plus des allures idéologiques: Mike Pompeo, dans un discours d'une rare virulence, s'en est pris jeudi au Parti communiste chinois, accusé de "mentir", et a décrété l'échec de la politique de dialogue avec le pays le plus peuplé au monde.

Il a appelé à une "nouvelle alliance des démocraties" pour que la "liberté" l'emporte sur la "tyrannie".

 

AFP

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