Anna Zvereva
25.05
13:27

Lufthansa: "accord de principe" avec le gouvernement sur un plan de sauvetage

Le gouvernement allemand et Lufthansa sont parvenus à un "accord de principe" sur un plan de sauvetage de 9 milliards d'euros pour éviter la faillite du géant du transport aérien, a indiqué lundi une source proche du dossier.

L'accord, qui prévoit que l'Etat devienne le premier actionnaire du groupe et garantisse un prêt géant, doit encore être formellement validé par le fonds de stabilité économique du gouvernement fédéral, le directoire et le conseil de surveillance de Lufthansa ainsi qu'une assemblée générale extraordinaire des actionnaires, a précisé cette source, confirmant des informations de presse.

L'accord intervient après de longues négociations sur des aides alors que l'entreprise, comme l'ensemble du secteur aérien, traverse une crise sans précédent.

La semaine passée, Lufthansa a confirmé discuter avec Berlin d'un sauvetage qui amènerait le fonds de stabilité économique du gouvernement fédéral (WSF), créé pour amortir les répercussions de la pandémie de coronavirus, à acquérir 20% du capital, ainsi que des obligations convertibles en actions valant "5% supplémentaires plus une action".

La convertibilité pourrait être exercée "en cas d'offre publique d'achat par un tiers", ce qui donnerait de fait au gouvernement une minorité de blocage pour la faire échouer, avait expliqué le groupe.

S'y ajoute un prêt de 3 milliards d'euros; l'Etat obtiendrait également deux sièges au conseil de surveillance de Lufthansa, qui serait interdit de verser des dividendes à ses actionnaires.

Pour l'exercice 2019, Lufthansa avant déjà suspendu la rémunération de ses actionnaires pour préserver sa solvabilité.

Actuellement, près de 700 des 760 avions du groupe sont cloués au sol et, en avril, Lufthansa a transporté quelque 3.000 passagers contre 350.000 avant la crise. Au premier trimestre, la perte d'exploitation s'élevait à 1,2 milliard d'euros et devrait être encore pire sur les trois mois suivants.

Avec 4 milliards d'euros de liquidités début mai et une hémorragie d'un million d'euros par heure selon le PDG Carsten Spohr, le temps presse pour renflouer les caisses du transporteur, qui s'attend à un "redémarrage notable au plus tôt au printemps" et a lancé une restructuration visant à réduite la flotte de 100 avions, menaçant environ 10.000 emplois.

Les filiales du groupe ont également demandé des aides dans les pays où elles sont basées. Les négociations se poursuivent avec la Belgique pour Brussels Airlines et avec Vienne pour Austrian, qui a demandé 767 millions d'euros à l'Autriche.

Berne va garantir de son côté 1,2 milliard d'euros de prêts aux filiales Swiss et Edelweiss.

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