26.04
09:25

Covid-19 : les GAFAM, grandes gagnantes du confinement

L'économie mondiale est paralysée la récession menace et les recettes publicitaires sont asséchées mais les géants de la tech battent tous les records d'utilisation.

Amazon, Google et Facebook tout comme Apple et Microsoft publieront de mardi à jeudi leurs résultats financiers pour les trois premiers mois de l'année, marqués par le basculement de la planète dans la pandémie et la crise économique.

Mais sur les applications du réseau social dominant, c'est réveillon tous les jours depuis un mois: le niveau d'appels passés via WhatsApp et Messenger a doublé, atteignant au quotidien celui des fêtes du nouvel an, d'ordinaire le pic annuel.

Le nombre d'appels vidéo passés via "Teams", la solution de visioconférence de Microsoft, a bondi de 1.000% en mars.

Alors que le chômage explose, Amazon recrute à tous de bras -- 175.000 emplois supplémentaires aux Etats-Unis -- pour faire face à l'afflux des commandes en ligne depuis la mise en place de la distanciation sociale.

Google et Apple, de leur côté, sortent de nouveaux produits, physiques ou numériques, et proposent de se rendre encore plus indispensables avec de nouveaux outils de suivi des contacts humains ("contact tracing"), pour lutter contre le nouveau coronavirus.

 

Prudence

Les plus réticents au commerce en ligne ont passé leur première commande sur Amazon. Des seniors se sont mis aux jeux vidéo. Les "anti" réseaux sociaux n'ont plus d'autres choix pour garder le contact avec leurs amis. 

Les enfants imitent leurs parents, chacun sur son écran pour le télétravail. Des familles se sont réabonnées à Netflix.

Mais tout n'est pas rose chez les GAFA. La publicité, nerf de la guerre pour Google et Facebook, est l'un des premiers budgets réduits par les entreprises en difficulté.

Les sociétés numériques doivent assurer un service devenu essentiel, avec des moyens restreints. Leurs employés travaillent de leur garage, de leur salon, ou, pire, dans des entrepôts difficiles à protéger du virus.

La production d'appareils électroniques (comme les smartphones) et de contenus pour les plateformes de streaming (séries, jeux vidéo) prend du retard.

Un à un, les groupes ont retiré ou abaissé leurs prévisions pour 2020.

"Les chiffres du premier trimestre ne vont pas refléter ce qui se passe vraiment", observe Bob O'Donnell, de Technalysis Research. "Les problèmes n'ont commencé qu'en mars. Le vrai sujet, ce sera la demande au deuxième trimestre".

Signe que même les bons chiffres ne font plus jubiler, Netflix a annoncé cette semaine des records de nouveaux abonnés avec une prudence infinie, insistant sur l'incertitude qui pèse sur le reste de l'année.

Les gagnants du confinement ne veulent pas donner l'impression de profiter de la crise sanitaire. 

Et surtout, difficile de savoir quelles habitudes seront prises pour de bon, et quels usages disparaîtront dans un "après" lointain et flou.

 

Influence

 

"Pour l'instant, ces plateformes, comme Zoom, rendent un service. Mais quand on pourra aller dîner chez ses amis, on ne fera plus d'apéros en visioconférence. Et ce ne sera plus gratuit", souligne Carolina Milanesi, de Creative Strategies.

Pour autant, personne ne s'inquiète pour l'avenir des cadors de la tech.

"Toute l'industrie liée à la publicité va souffrir, mais ils ont suffisamment de réserves pour résister", note David Sidebottom, analyste chez Futuresource. 

Crise ou pas crise, ils sont d'ailleurs repassés en mode offensif.

Apple Music est parti à la conquête de 52 nouveaux pays avec 6 mois offerts pour les nouveaux abonnés. Google a rendu Stadia, son service de jeux vidéo sur le cloud, gratuit pendant 2 mois.

Facebook a lancé cette semaine une appli de streaming de jeux vidéo, en concurrence directe avec Twitch (Amazon) ou Mixer (Microsoft), et une nouvelle interface d'appels vidéo, Messenger Rooms, qui permet de "faire un saut", virtuellement, dans le salon de ses amis - de quoi faire pâlir Zoom.

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