10.01.24
10:05

Deux rivaux républicains de Trump face-à-face juste avant le début des primaires

Deux républicains vont tenter mercredi de se présenter comme la meilleure alternative à Donald Trump pour l'élection présidentielle américaine, lors d'un face-à-face télévisé à moins d'une semaine du début des primaires, alors que l'ex-président fait figure de favori malgré ses tracas judiciaires.

Nikki Haley et Ron DeSantis, largement devancés par Trump dans les sondages pour l'investiture républicaine, jouent un peu à quitte ou double lors de ce dernier débat avant le choix des électeurs républicains de l'Iowa.

Car une bonne prestation électorale lundi, dans ce petit Etat où l'enjeu est grand, leur servirait de tremplin pour espérer accrocher Donald Trump et déjouer les pronostics.

Les autres candidats républicains abordent la course avec si peu d'élan qu'ils n'ont même pas rempli les critères fixés par le parti pour participer à ce débat à Des Moines.

Donald Trump, lui, a encore une fois choisi de ne pas y prendre part, estimant qu'il n'avait rien à gagner à s'exposer à un possible feu roulant de critiques.

Mais il a de nouveau pris le soin d'organiser une contre-programmation, avec un événement de campagne dans la même ville diffusée par la chaîne conservatrice Fox News pendant que ses deux rivaux débattront sur CNN.

Cette attitude lui a valu une pique de son ancienne ambassadrice à l'ONU, Nikki Haley, qui a jugé dans un communiqué qu'"il était temps que Donald Trump se montre". "A mesure que le champ des débatteurs se réduit, ça devient plus dur pour lui de se cacher", a assuré l'ancienne gouverneure de la Caroline du Sud.

DeSantis l'a également critiqué sur ce point, affirmant récemment: "Il vient pour faire une demi-heure ou une heure de discours et repart, plutôt que d'écouter les habitants de l'Iowa, répondre à leurs questions".

 

Tremplin

Reste que l'ancien président se trouve probablement conforté par un nouveau sondage (Suffolk University/USA TODAY) indiquant que 51% des électeurs républicains ne prévoient pas de regarder ce débat, signe que l'affiche proposée manque peut-être d'un peu de saveur à leur goût. 

Selon l'agrégateur de sondages RealClearPolitics, Trump mène la danse dans l'Iowa avec 52,3% des intentions de vote, loin devant Haley et DeSantis chacun autour de 16%.

Au plan national, l'homme d'affaires est crédité de 51,5%.

Son avance ne faiblit pas en dépit des procédures judiciaires contre lui, dont le calendrier est presque imbriqué à celui des primaires. Au contraire, le magnat a intégré les inculpations et les procès dans sa stratégie de campagne, jusqu'à utiliser sa photo d'identité judiciaire sur des mugs et des tee-shirts.

Mardi, il était ainsi devant la cour d'appel fédérale de Washington qui examine sa demande de bénéficier de l'immunité pénale en tant qu'ancien président. Et jeudi, il sera de nouveau devant le tribunal new-yorkais qui le juge au civil pour des soupçons de fraudes dans la gestion de la Trump organization.

Un temps présenté comme une sérieuse menace pour Donald Trump, le gouverneur de la Floride Ron DeSantis n'a jamais réussi à émerger.

Si bien qu'il se trouve maintenant à essayer de rester au contact de Haley, la candidate qui a le plus le vent en poupe, hors Trump, et que son avenir passe quasi-obligatoirement par un résultat très solide dans l'Iowa.

Pour Nikki Haley, une bonne prestation dans l'Iowa serait un tremplin idéal vers le scrutin suivant, le 23 janvier dans le New Hampshire, où les électeurs indépendants peuvent voter pour les primaires républicaines. Ces derniers pourraient lui accorder leurs faveurs, plus qu'à Trump, resserrant potentiellement la course.

Sans faire une campagne parfaite, Mme Haley affiche suffisamment de soutiens, d'argent récolté et de bons chiffres dans les sondages pour essuyer désormais des attaques de Trump et ses alliés, qui l'avaient ignorée jusque-là.

 

AFP

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