09.01.24
12:09

L'armée russe fera "tout" pour faire cesser les frappes ukrainiennes sur Belgorod

Le Kremlin a juré mardi vouloir "tout" faire pour arrêter les frappes ukrainiennes sur Belgorod, ville russe devenue la cible de nombreuses attaques de Kiev dans la foulée de la reprise des bombardements massifs en Ukraine par Moscou.

Commentant les opérations militaires chez son voisin ukrainien, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a lui assuré que son armée avait "l'initiative" sur le front, malgré l'absence de gains majeurs.

A l'issue d'une semaine fériée à l'occasion du Nouvel an et du Noël orthodoxe, la réponse du Kremlin face à la multiplication des attaques ukrainiennes visant Belgorod et sa région ces derniers jours était attendue.

"Notre armée continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour minimiser le danger dans un premier temps, puis pour l'éliminer complètement", a promis le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

Il a également accusé Kiev de viser délibérément "des civils" sur le sol russe à l'aide d'équipements militaires fournis par les Occidentaux.

Ces propos interviennent après une dizaine de jours marquée en Russie par la multiplication d'attaques ukrainiennes visant Belgorod, une ville de 335.000 habitants située à moins de 40 km de la frontière avec l'Ukraine.

Au lendemain d'un bombardement massif de l'Ukraine le 29 décembre qui a fait des dizaines de morts, la ville de Belgorod avait été la cible d'une frappe faisant 25 morts, l'attaque ukrainienne la plus meurtrière contre des civils sur le sol russe depuis le 24 février 2022.

En représailles, Vladimir Poutine avait dit vouloir "intensifier" les frappes contre l'Ukraine, son armée poursuivant ses bombardements massifs sur Kiev et d'autres villes ukrainiennes, à l'instar des 2 et 8 janvier.

 

"Initiative"

Mais signe que l'inquiétude grandit à Belgorod, "environ 300" personnes ont déjà évacué la ville selon les autorités régionales, qui ont également repoussé la rentrée scolaire de dix jours, au 19 janvier. Quant à la municipalité, elle a appelé les habitants la semaine dernière, et ce pour la première fois, à sécuriser leurs fenêtres en prévention de nouvelles frappes.

Or, à deux mois de la présidentielle qui doit voir Vladimir Poutine reconduit au pouvoir au moins jusqu'en 2030, le Kremlin veut tout faire pour continuer à donner l'image que le conflit avec l'Ukraine n'affecte pas directement le quotidien et la sécurité des Russes.

Dans la même lignée, Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, a assuré mardi comme à son habitude que son armée infligeait de lourdes pertes aux forces ukrainiennes et qu'elle se trouvait en meilleure position que son adversaire, malgré un front largement gelé depuis l'automne 2022, après une série de retraites russes.

L'armée russe a cependant fait échouer la grande contre-offensive ukrainienne de l'été 2023, ce que le Kremlin présente, près de deux ans après le début de l'invasion, comme une victoire.

"Nous conservons l'initiative stratégique sur toute la ligne de front", a dit M. Choïgou lors d'une réunion avec des hauts gradés de l'armée.

Depuis l'échec de la contre-offensive ukrainienne, le ton est beaucoup plus optimiste à Moscou, et ce malgré d'importantes pertes sur le terrain, chiffrées par les États-Unis à 315.000 soldats blessés ou tués, en quasiment deux ans.

L'armée russe est repassée à l'offensive à l'automne 2023, en particulier autour d'Avdiïvka dans la région de Donetsk. Mais les avancées y ont été mineures et Kiev affirme y infliger des pertes importantes aux forces russes.

De son côté, l'Ukraine doit, elle, faire face au sein de sa société à un débat sur une éventuelle mobilisation de centaines de milliers d'hommes pour venir renforcer ses lignes et remplacer les morts et les vétérans épuisés après bientôt deux ans d'un conflit à forte intensité.

Sans compter que Kiev, qui réclame toujours plus de systèmes de défense antiaérienne pour contrer les attaques russes, s'inquiète à haute voix de l'effritement du soutien occidental, sur fond de dissensions politiques au sein de l'Union européenne et aux États-Unis.

Enfin, les autorités ukrainiennes ont annoncé mardi la mort d'une nouvelle personne après les frappes russes de la nuit de dimanche à lundi, portant à cinq le nombre de civils tués dans cette nouvelle vague de bombardements massifs.

 

AFP

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