11.12.23
16:37

Covid long: deux scientifiques belges font une avancée majeure

Le médecin généraliste basé à Charleroi, Marc Jamoulle, et un immunologiste de l’Institut Rega de la KU Leuven, Johan Van Weyenbergh, ont mené une étude démontrant la persistance du SARS-CoV-2 dans l’organisme des personnes touchées par le covid de longue durée, a-t-on appris lundi. Les résultats ont été dévoilés lors d’un colloque international, intitulé "Demystifying Long Covid International Conference 2023", qui se déroulait de jeudi à samedi à Madrid (Espagne).

"Je me suis intéressé au covid long parce que je n’y comprenais rien", a expliqué Marc Jamoulle à Belga. "Cela fait deux ans que je suis une cohorte de patients qui présente les mêmes symptômes. Mais ces derniers ne correspondent à aucune maladie connue. J’ai trouvé de quoi m’orienter dans la littérature scientifique."

Après une étude qualitative, le médecin généraliste a choisi de faire appel à l’immunologiste de l’université louvaniste. Les scientifiques ont alors fait des prises de sang sur 110 personnes soupçonnées d’avoir le covid long, ont effectué des analyses "extrêmement poussées" et ont pu établir un lien entre les symptômes observés et les données obtenues. Grâce aux prélèvements sanguins, ils ont soit constaté une encéphalite, soit une inflammation de l’encéphale, provoquée par une mauvaise circulation du sang dans les artères cérébrales, et donc dans le cerveau. "Et comme c’est le cerveau qui contrôle l’ensemble du corps, les personnes rencontrent tout un tas de troubles, comme des troubles cognitifs ou respiratoires. Les médecins déclarent souvent qu’elles font un burn-out, à tort", a détaillé M. Jamoulle.

Parmi les 110 patients qui ont participé, il y en a 30 % chez qui le covid long est juste un souvenir, 30 % chez qui il a un peu rétrocédé, et, enfin, 40 % qui ne savent plus rien faire du tout. "Cela concerne 70 % de femmes de 40 ans en moyenne. Si ça avait été 70 % d’hommes, la recherche aurait certainement été plus vite », a épinglé le scientifique, soulignant que les discriminations de genre persistent dans le milieu médical. De plus, « la Belgique n’a pas encore débloqué de budget pour la recherche sur le covid long, contrairement à plein d’autres pays européens", a-t-il souligné.

L’étude, "loin d’être terminée", permet désormais de repérer avec une prise de sang les personnes souffrant de covid long. Elle pourrait aussi permettre de recourir à des traitements plus adaptés.

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