01.12.23
14:05

Euro-2024: l'Allemagne mise sur l'héritage du Mondial-2006 pour l'organisation

A six mois et demi d'accueillir l'Europe, l'Allemagne peut se reposer sur son expérience du Mondial-2006 pour organiser l'Euro-2024 (14 juin-14 juillet), avec les défis de la sécurité et des transports à relever.

 

Les stades, héritage de 2006

A l'été 2006, l'Allemagne a accueilli la planète foot pour le Mondial dans douze stades totalement rénovés pour certains, comme le stade olympique de Berlin ou le Zentralstadion de Leipzig, ou construits à neuf pour d'autres comme l'Allianz Arena de Munich.

Dix-huit ans plus tard, ces arènes n'ont presque pas vieilli, et de simples travaux d'aménagement à la marge ont été entrepris.

Sur les dix stades retenus pour l'Euro-2024, neuf ont accueilli le Mondial-2006 (Berlin, Munich, Dortmund, Stuttgart, Hambourg, Francfort, Cologne, Leipzig et Gelsenkirchen). Le stade de Düsseldorf est le seul nouveau venu.

Les plus gros travaux se sont déroulés à Stuttgart. Pour un coût de 130 millions d'euros, ils ont débuté en mai 2022 sur la tribune principale, dont la partie inférieure datait encore du Mondial-1974. La livraison est prévue en janvier 2024.

"C'est quelque chose de spécial que tout n'a pas besoin d'être reconstruit. Les stades sont là", avait souligné le chancelier allemand Olaf Scholz, en juin à Berlin à l'occasion du J-365.

 

Des regroupements géographiques

L'Euro-2020, reporté d'une année à l'été 2021 en raison de la pandémie de Covid-19, avait été organisé dans onze pays, allant de Séville à Bakou d'ouest en est, et de Saint-Pétersbourg à Rome du nord au sud, suscitant des critiques sur l'empreinte carbone d'un tel événement.

Pour l'Euro-2024, l'Allemagne a décidé de regrouper les groupes du premier tour, afin de limiter les déplacements, créant trois zones géographiques: au nord (Hambourg, Berlin et Leipzig), au sud (Munich, Stuttgart et Francfort) et à l'ouest (Cologne, Dortmund, Gelsenkirchen et Düsseldorf).

Ce regroupement géographique doit permettre de limiter les déplacements. Une fois le tirage effectué, les sélections pourront choisir leur camp de base à proximité des stades prévus pour le 1er tour.

 

. Une billetterie à plein régime

La première phase de la billetterie au mois d'octobre a généré un fort engouement avec 20 millions de demandes de billets, pour seulement 1,2 million de places disponibles.

A partir du 4 décembre, un million de tickets seront mis en vente pour les supporters de chaque sélection qualifiée, via le contingent réservé à chacune des 24 fédérations. Les supporters des trois derniers qualifiés via les barrages pourront candidater à partir de la fin mars.

Au total, plus de 2,7 millions de spectateurs sont attendus dans les stades allemands entre le 14 juin et le 14 juillet.

 

Le défi de la sécurité et des transports

Comme souvent pour un événement d'une telle ampleur, la sécurité sera au centre des attentions. Des exercices de simulation se sont déroulés à l'automne, notamment à Berlin, et des dizaines de milliers de forces de sécurité seront mobilisées.

Mercredi, le renseignement intérieur allemand a mis en garde contre un "danger réel" et "au plus haut niveau depuis longtemps" d'attentats islamistes. Il dit craindre des "projets (d'attaques) potentiels contre la sécurité des Juifs, des institutions israéliennes, mais aussi des grands événements" publics dans le pays.

Soucieux de livrer un tournoi plus éco-responsable, les organisateurs ont également mis l'accent sur la mobilité des spectateurs.

Entre la gratuité des transports en commun pour les détenteurs de billets durant 36 heures, des voyages aller-retour en Allemagne à 29,90 euros et un pass InterRail à prix réduit pour les voyageurs européens, les spectateurs sont incités à s'orienter vers des modes de déplacement plus respectueux de l'environnement.

La VDV, association qui regroupe les sociétés gérant les transports en commun des villes et régions allemandes, estime que 70% des spectateurs utiliseront les transports publics pour se rendre et quitter le stade.

La compagnie ferroviaire allemande Deutsche Bahn, qui table sur des dizaines de milliers de voyageurs en plus à gérer, est régulièrement critiquée pour ses nombreux retards.

Sur les dix premiers mois de l'année 2023, seuls deux tiers des trains circulant en Allemagne étaient arrivés à l'heure (moins de 5 minutes de retard), un chiffre qui tombe à moins de 60% pour les longues distances.

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