28.11.23
10:30

L'aide à l'Ukraine "existentielle" pour l'Europe, selon Scholz

Le maintien de l'aide à l'Ukraine dans sa guerre face à la Russie est d'une importance "existentielle" pour l'Europe, a estimé mardi le chancelier allemand Olaf Scholz.

Ce soutien est "d'une importance existentielle (...) pour l’Ukraine, c’est clair, mais en fin de compte aussi pour nous en Europe", a déclaré M. Scholz dans un discours devant les députés allemands à Berlin, où il a plaidé pour obtenir des moyens budgétaires en conséquence, notamment pour l'année prochaine.

Après les Etats-Unis, l'Allemagne est le pays qui fournit l'aide la plus importante à l'Ukraine, y compris concernant les livraisons d'armes.

Il est "clair que nous ne devons pas relâcher notre soutien à l'Ukraine" et dans "la résolution de la crise énergétique" qui a suivi la guerre d'invasion russe depuis février 2022, a-t-il martelé, alors que les interrogations croissent dans l'opinion à mesure que le conflit s'enlise.

Le chancelier s'exprimait au moment où son gouvernement traverse une crise budgétaire, qui va l'obliger à recourir davantage que prévu à l'emprunt pour financer ses dépenses, et donc à laisser filer le déficit public.

Cette situation fait suite à un arrêt de la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du pays, qui a annulé le 15 novembre le transfert de 60 milliards d'euros de crédits inutilisés - provenant d'un fonds spécial lié à la pandémie de Covid-19 - dans un programme dédié à des investissements verts stratégiques et un soutien à l'industrie.

Le gouvernement allemand a été censuré pour avoir enfreint une règle constitutionnelle dite de "frein à l’endettement": elle interdit un déficit public de plus de 0,35% du Produit intérieur brut (PIB) national, sauf circonstances exceptionnelles. 

Berlin les avait invoquées en 2020, 2021 et 2022 mais comptait respecter le plafond de déficit cette année. Il ne le peut plus désormais. Berlin va demander aux députés de voter une hausse du déficit budgétaire fédéral de 45 milliards d'euros. 

M. Scholz a justifié cette mesure par la nécessité de financer "les freins aux prix de l'énergie pour 2023", référence à un bouclier anti-inflation pour alléger les factures de gaz et d'électricité des ménages et entreprises, suite à l'envolée des prix consécutive à la guerre russe en Ukraine.

L'Allemagne, traditionnellement championne de la rigueur budgétaire et qui a accumulé les excédents budgétaires avant la pandémie de Covid-19, va donc rompre pour la quatrième année consécutive avec son orthodoxie en la matière.

 

AFP

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