26.11.23
10:35

Manifestations dans plusieurs pays contre les violences faites aux femmes

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans plusieurs pays à l'occasion de la Journée internationale contre les violences faites aux femmes, réclamant des changements de comportements des hommes et davantage de moyens et d'efficacité des États. À Bruxelles, une marche est organisée ce dimanche à 14h. Quelque milliers de personnes sont attendues. 

Espagne

"C'est fini: notre lutte est mondiale" : à Madrid, environ 7.000 personnes selon le gouvernement ont manifesté derrière cette banderole, slogan repris d'un récent match de football féminin Suède-Espagne.

Des défilés ont aussi eu lieu à Barcelone et Séville, dans un pays pionnier où fut votée en 2004 la première loi européenne réprimant spécifiquement la violence de genre.

France

"Protégez vos filles, éduquez vos fils", "Céder n'est pas consentir", "Quand je sors, je veux être libre, pas courageuse", "Danser sans être droguée", pouvait-on lire sur des pancartes de manifestants dans plusieurs villes de France.

"Nous ne voulons plus compter nos mortes", a lancé Maëlle Lenoir, du collectif féministe "Nous toutes".

En 2022, 118 féminicides ont été recensés en France, selon les chiffres officiels. Depuis début 2023 les associations féministes en comptent 121.

Italie

En Italie, où des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans plusieurs villes dont Rome et Milan, il y a eu 106 féminicides l'an dernier, selon l’Institut national des statistiques (Istat).

Le pays est encore sous le choc de la mort d’une étudiante de 22 ans, Giulia Cecchettin, assassinée il y a deux semaines par son ex-compagnon Filippo Turetta, 22 ans aussi, qui a été arrêté en Allemagne après une cavale d’une semaine.

Turquie

A Istanbul, 500 femmes se sont rassemblées dans le quartier de Sisli avec comme mots d'ordre: "Nous ne garderons pas le silence" et "Les femmes sont unies et luttent contre la violence de l'État masculin".

En 2021, la Turquie s'était retirée d'un accord international visant à protéger les femmes contre la violence domestique, la Convention d'Istanbul mais samedi le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que cette sortie n'avait "aucun impact sur notre lutte contre la violence à l'égard des femmes".

États-Unis

Aux États-Unis, le président Joe Biden a lui déploré que "le fléau de la violence sexiste continue d’infliger souffrance et injustice à un trop grand nombre de personnes". "Nous savons quels sont les enjeux: chaque fois et partout où les femmes et les filles sont menacées, la paix et la stabilité le sont également", a-t-il ajouté.

"La violence à l'égard des femmes est une mauvaise herbe toxique qui gangrène notre société et doit être coupée à la racine (...) par une action éducative qui place la personne et sa dignité au centre", a dit de son côté le pape François.   

"Pas une fatalité"

Dans un vidéo sur les réseaux sociaux, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la "persistance de la violence faite aux femmes n'est pas une fatalité", "nous devons y mettre fin et nous allons le faire".

Malgré de récentes mesures en France (hausse du nombre d'enquêteurs dédiés, déploiement de "téléphones grave danger" et de "bracelets danger immédiat", création de places d'hébergement d'urgence, etc.), collectifs féministes et syndicats y réclament au moins "deux milliards d'euros" par an pour "une politique globale" qui soit efficace.

Amérique Latine

D'Amérique centrale au cone sud, l'Amérique latine, où 4.050 femmes ont été victimes de féminicides en 2022, selon une agence régionale de l'ONU, a été le théâtre de nombreux rassemblements. 

En Argentine, la marche avait pour mot d'ordre la défense des politiques de genre après l'élection du nouveau président ultralibéral controversé Javier Milei qui a annoncé durant la campagne vouloir supprimer le ministère de la Femme et s'est déclaré contre le droit à l'avortement et l'éducation sexuelle obligatoire.

Au Brésil, un alignement de paires de chaussures accompagnées de prénoms de femmes sur la plage de Copacabana, à Rio, symbolisait les 722 féminicides recensés dans le pays en 2022, chiffre plus élevé depuis 2019. 

"Attention le machisme tue", pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes à Santiago du Chili, ou "pas une de moins, nous nous aimons vivantes", au Venezuela. 

Dans le monde, 82 féminicides commis par des partenaires ou ex-partenaires ont lieu chaque jour et on estime que 31% des femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans leur vie, selon des données 2018 de l’OMS.

Plus de la moitié (56%) des femmes et des filles qui sont tuées le sont dans la sphère intime (membre de la famille, conjoint ou ex), contre 11% des hommes et des garçons, selon un rapport d’ONU Femmes publié en 2022.

Le 25 novembre est depuis 1999 la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. Une date correspondant à l'assassinat de trois des soeurs Mirabal, opposantes au dictateur Rafael Trujillo, le 25 novembre 1960 en République dominicaine.

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