22.11.23
13:30

Huit combattants pro-Iran tués par des frappes américaines, Bagdad dénonce une "escalade"

Des frappes américaines en Irak ont tué tôt mercredi au moins huit combattants d'un groupe armé pro-Iran, Bagdad dénonçant une "dangereuse escalade", dans un contexte de tensions régionales accrues depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas palestinien à Gaza.

Le Commandement militaire américain au Moyen-Orient, Centcom, a annoncé avoir mené des "frappes de précision" sur deux sites en Irak, en représailles aux récentes attaques de groupes pro-Iran contre les troupes américaines et les forces de la coalition internationale antijihadiste, en Irak et en Syrie.

Mardi déjà, un bombardement dans la région d'Abou Ghraib près de Bagdad avait visé un véhicule du Hachd al-Chaabi, faisant un mort et des blessés, dans ce que Washington a qualifié de frappe "d'auto-défense".

Réagissant aux bombardements américains, le gouvernement irakien a condamné mercredi une "violation flagrante de la souveraineté" et une "dangereuse escalade", soulignant que ces frappes avaient été menées "à l'insu" des autorités.

En allusion aux groupes pro-Iran, le gouvernement, nommé par une majorité parlementaire de partis proches de Téhéran, juge "condamnables et illégales" les "activités armées" menées hors du cadre de l'institution militaire.

Mercredi, les bombardements américains ont visé le secteur de Jurf al-Sakhr, à une soixantaine de kilomètres au sud de Bagdad. Les Brigades du Hezbollah, influente faction du Hachd al-Chaabi --ces anciens paramilitaires intégrés aux forces régulières-- a rapporté la mort de huit combattants.

Ce "crime", promet le groupe dans un communiqué, "ne restera pas impuni". Et en allusion aux attaques contre les troupes américaines, les Brigades du Hezbollah s'engagent à "élargir la portée des cibles, si l'ennemi poursuit sa méthode criminelle".

Les frappes américaines sont les premières en Irak depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas qui a fait monter les tensions dans la région.

 

"Auto-défense"

Washington a déjà bombardé à trois reprises en Syrie des sites liés à l'Iran. Les Etats-Unis ont aussi adopté des sanctions contre sept personnes affiliées à deux groupes armés irakiens pro-iraniens, dont les Brigades du Hezbollah.

La frappe américaine de mardi dans la région d'Abou Ghraib avait été menée en riposte à l'attaque la veille d'un "missile balistique à courte portée" sur la base irakienne d'Aïn al-Assad, où sont stationnées des troupes américaines et de la coalition internationale, selon le porte-parole du Pentagone, le général Pat Ryder.

L'attaque sur Aïn al-Assad a fait huit blessés et quelques dégâts légers sur la base, selon le porte-parole.

Le nombre d'attaques visant les forces américaines et la coalition internationale antijihadiste en Irak et en Syrie a bondi depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

Washington a recensé 66 attaques menées avec des tirs de roquettes ou des frappes de drones depuis le 17 octobre, dix jours après le début de la guerre, selon le Pentagone.

Les attaques ont fait une soixantaine de blessés parmi les effectifs américains, selon la même source.

Les Etats-Unis comptent environ 900 soldats en Syrie et près de 2.500 en Irak qui combattent l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

En Irak, la coalition internationale anti-EI assure que son engagement se limite à un rôle d'assistance et de conseil apportés aux forces locales dans la lutte contre l'organisation extrémiste.

 

"Agressions américaines"

Hadi al-Ameri, un haut commandant du Hachd qui dirige l'influente organisation Badr, a dénoncé mercredi les "agressions américaines", qualifiant les dernières frappes de "violation flagrante de la souveraineté nationale".

Il a réitéré l'appel régulièrement lancé par son camp, réclamant "une sortie immédiate d'Irak des forces américaines et des troupes de la coalition".

Ces dernières semaines, la plupart des attaques contre les soldats américains ont été revendiquées par la "Résistance islamique en Irak", nébuleuse proche des groupes armés pro-Iran qui saluent son action sur leurs chaînes de l'application Telegram.

Le mouvement a annoncé mardi qu'un de ses membres avait été tué au combat dans "la bataille" contre les forces américaines en Irak, allusion au bombardement d'Abou Ghraib.

Des funérailles se sont tenues mardi près d'une mosquée de Bagdad pour ce combattant, Fadel al-Maksoussi. Son cercueil était recouvert d'un drapeau aux couleurs des Brigades du Hezbollah. Ce groupe avait récemment assuré que les attaques de la "Résistance islamique en Irak" faisaient partie d'une "stratégie d'usure".

 

AFP

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