07.11.23
13:03

Le prix Goncourt attribué à Jean-Baptiste Andrea pour "Veiller sur elle", Ann Scott remporte le Renaudot pour "Les insolents"

Le prix Goncourt a été décerné mardi à Jean-Baptiste Andrea pour "Veiller sur elle" (éditions L'Iconoclaste), une histoire d'amour au temps du fascisme en Italie déjà récompensée par le prix Fnac.

Le romancier âgé de 52 ans a été récompensé au 14e tour, preuve des dissensions au sein du jury présidé par Didier Decoin, dont la voix compte double. 

"C'est un grand moment d'émotion, on vient juste de sécher nos larmes dans le taxi", a réagi l'auteur, très ému, à son arrivée au restaurant Drouant, où le prix était décerné comme le veut la tradition depuis plus d'un siècle.

Il faisait face à Eric Reinhardt, considéré comme favori, Gaspard Koenig et Neige Sinno, récompensée lundi par le prix Femina.

Avec seulement quatre romans à son actif, Jean-Baptiste Andrea décroche le plus prestigieux des prix littéraires francophones grâce à une longue fresque sur la sculpture et l'Italie. 

Le roman suit Mimo, né pauvre et confié en apprentissage à un sculpteur de pierre. Il va tomber fou amoureux d'une héritière, Viola Orsini, et traverser avec elle les années, jusqu'au moment où l'Italie bascule dans le fascisme

"Je prépare toute mon histoire. Celui-là c'est 10 mois de préparation, dans ma tête, sur un carnet. Je n'écris pas une ligne du roman. Et un jour, je me dis: mon histoire est là, je peux donc ne pas réfléchir en me demandant où ça va", confiait-il à la rentrée sur France Inter. "Mes trois premiers romans étaient des huis clos. Là, j'avais envie de briser toutes les frontières", détaillait-il.

Le prix Goncourt est l'assurance de ventes considérables lors des deux derniers mois de l'année, les plus importants pour les libraires. 

Elles atteignent en moyenne quelque 400.000 exemplaires. Mais le Goncourt 2022, "Vivre vite" de Brigitte Giraud, avait déçu de ce point de vue, en restant en dessous de 300.000 exemplaires.

Prix Renaudot

La romancière Ann Scott a remporté mardi, à 58 ans, le prix Renaudot pour son roman "Les Insolents", retraçant l'histoire d'une quadragénaire qui quitte Paris, publié chez Calman-Lévy.

"Les Insolents" raconte l'arrivée "au milieu de nulle part" d'Alex, une compositrice de musique de films qui décide de quitter la capitale pour se réinventer, souhaitant vivre "ailleurs et seule".

Le personnage est un double de fiction de l'autrice, qui a quitté Paris pour la Bretagne, où elle vit désormais.

Née d'une mère russe photographe et d'un père français collectionneur d'art, Ann Scott a grandi à Paris avant de s'installer à Londres, à 17 ans.

Elle a été mannequin, batteuse dans un groupe punk et a beaucoup fréquenté le milieu underground des nuits parisiennes. Elle s'est lancée à 29 ans dans l'écriture, signant notamment le roman "Asphyxie", puis "Superstar".

Elle ne faisait pas figure de favorite pour le Renaudot, prix pour lequel étaient également en lice Gaspard Koenig ("Humus" à L'Observatoire), Lilia Hassaine, ("Panorama" chez Gallimard) et Sorj Chalandon ("L'Enragé" chez Grasset).

Le prix de l'essai a été décerné à Jean-Luc Barré pour le premier tome, en plus de 900 pages, d'une immense biographie: "De Gaulle, une vie: l'homme de personne (1890-1944)", aux éditions Grasset. Cette somme est parue le 18 octobre et est entrée directement dans la liste des finalistes du Renaudot essai.

Le prix Renaudot du Livre de Poche est allé à Manuel Carcassonne pour "Le Retournement".

 

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