13.09.23
11:25

Séisme au Maroc: les secouristes s'activent dans les villages dévastés

Les secouristes déployés au Maroc intensifient mercredi leurs efforts pour venir en aide aux villages de montagne dévastés par le violent séisme qui a fait plus de 2.900 morts, mais les espoirs de retrouver des survivants s'amenuisent cinq jours après la catastrophe.

Le tremblement de terre, qui a frappé vendredi soir une région du Haut-Atlas, au sud-ouest de la ville touristique de Marrakech (centre), a fait également 5.530 blessés, selon un dernier bilan officiel.

Face à l'ampleur de la catastrophe, les autorités marocaines ont sollicité plusieurs pays étrangers comme l'Espagne, la Grande-Bretagne, le Qatar et les Emirats arabes unis, pour envoyer des équipes de recherche et sauvetage, mais l'heure tourne.

La Croix-Rouge a de son côté lancé un appel de fonds d'environ 100 millions d'euros, afin de soutenir les opérations de secours, après avoir débloqué un million de francs suisses de son Fonds d'urgence pour appuyer les activités du Croissant-Rouge marocain sur le terrain.

Le séisme a dévasté de nombreuses habitations de villages situés dans des zones montagneuses, parfois très difficile d'accès, comme celui d'Ineghede.

"Je veux juste un chez-moi, un endroit digne pour un être humain", déclare Fatima Oumalloul, une habitante d'Amizmiz de 59 ans.

Dans cette localité à environ une heure au sud-ouest de Marrakech, des soldats distribuent des tentes aux habitants dont les maisons ont été détruites ou endommagées.

Les camps de tentes qui commencent à apparaître près des maisons détruites ou fortement endommagées montrent que l'aide arrive, mais laissent les survivants dans l'incertitude quant à leur sort.

Fatima Benhamoud, dont la maison "présente un risque" en raison de larges fissures aux murs, a obtenu une tente pour six personnes.

"On ne peut pas dormir à l'intérieur. On doit dormir à l'extérieur, donc on a besoin d'une tente", explique cette femme de 39 ans, disant cependant craindre la saison des pluies.

Le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, a assuré lundi que les citoyens qui ont perdu leur logement recevraient des indemnités. 

L'armée marocaine a installé des hôpitaux de campagne pour soigner les blessés dans les zones enclavées, comme dans le village d'Asni, dans la province sinistrée d'Al-Haouz, à un peu plus d'une heure de Marrakech.

Le séisme a atteint une magnitude 7 selon le Centre marocain pour la recherche scientifique et technique (6,8 selon l'Institut de géophysique américain, USGS). Il est le plus puissant à avoir jamais été mesuré au Maroc.

Il s'agit aussi du plus meurtrier dans le royaume depuis celui qui avait détruit Agadir, sur la côte ouest, le 29 février 1960. Entre 12.000 à 15.000 personnes, soit un tiers de la population de la ville, y avaient péri.

Le pape François, qui s'était rendu au Maroc en 2019, a déclaré mercredi que ses pensées allaient "au noble peuple marocain". "Prions pour le Maroc, prions pour les habitants pour que le Seigneur leur donne la force pour récupérer", a-t-il dit. 

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