08.09.23
10:48

Un an sans Elizabeth II: le Royaume-Uni commémore dans la retenue la fin d'une ère

Recueillement en privé pour la famille royale et tirs de canon à Londres: le Royaume-Uni marque vendredi dans la retenue le premier anniversaire de la disparition d'Elizabeth II après 70 ans de règne, et l'accession au trône de son fils Charles III.

Le 8 septembre 2022, la reine Elizabeth II s'éteignait à 96 ans dans son château de Balmoral en Ecosse, où elle passait traditionnellement ses étés. 

Commençait une période de deuil national durant laquelle des centaines de milliers de Britanniques ont patienté pendant des dizaines d'heures pour veiller le cercueil de la souveraine, à la longévité inégalée pour un monarque britannique.

Une page se tournait pour le Royaume-Uni et les 14 autres nations dont le souverain britannique est le chef d'Etat, avec l'accession au trône de Charles III, déjà âgé (74 ans actuellement).

Un an plus tard, aucun événement public d'ampleur n'est prévu pour commémorer ce changement d'ère.

Le roi et la reine Camilla, qui séjournent actuellement à Balmoral, perpétuant ainsi la tradition initiée par Elizabeth II, se rendront dans la petite église toute proche de Crathie Kirk pour un moment de prière.

Le prince William, héritier du trône, et son épouse Kate assisteront eux à un service religieux privé au pays de Galles, à la cathédrale St Davids, dans la ville du même nom que la défunte reine avait visitée en 1955.

A Londres, des tirs de canons seront effectués depuis Hyde Park et la Tour de Londres.

Le gouvernement a révélé il y a quelques jours qu'un projet de "mémorial permanent" serait dévoilé en 2026, année du centenaire de la naissance d'Elizabeth II.

 

"Amour et soutien"

"Nous nous souvenons avec beaucoup d'affection de sa longue vie, de ses services dévoués et de tout ce qu'elle a représenté pour beaucoup d'entre nous", a déclaré Charles III dans un message enregistré pour l'anniversaire, et qui s'affiche en Une de nombreux journaux.

"Je suis aussi profondément reconnaissant, pour l'amour et le soutien qui ont été montrés à ma femme et à moi-même au cours de cette année, alors que nous faisons tout notre possible pour être au service de vous tous".

Après une vie à attendre son tour, l'année écoulée a été riche en premières pour le nouveau monarque. Il a notamment nommé un Premier ministre, Rishi Sunak, prononcé sa première allocution de Noël, dans laquelle il a témoigné de sa sympathie aux personnes en difficulté en pleine crise du coût de la vie, ou encore effectué sa première visite d'Etat à l'étranger, en Allemagne, avant la France fin septembre. Il a reçu des chefs d'Etat, notamment l'Américain Joe Biden et l'Ukrainien Volodymyr Zelensky.

 

Harry de passage

Moins populaire que ne l'était Elizabeth II, adorée de la plupart des Britanniques, le roi a aussi vu monter les manifestations hostiles à la monarchie lors de ses déplacements dans le pays, et notamment durant son couronnement le 6 mai dernier.

Selon un récent sondage YouGov, 59% des Britanniques estiment toutefois que le roi fait un "bon travail", contre 17% qui pensent l'inverse.

Sue Hulley, employée d'un cabinet d'avocat de 58 ans, rencontrée par l'AFP près du palais de Buckingham, estime ainsi qu'il "a eu raison (...) de ne pas faire de changements radicaux" dans la monarchie.

En revanche, Jessica Wilcock, étudiante de 21 ans, juge qu'"il n'a rien fait de vraiment remarquable" jusqu'ici, alors que le soutien à la monarchie se réduit nettement chez les jeunes générations.

Ce premier anniversaire ne devrait pas être l'occasion non plus d'une réconciliation entre le prince Harry et le reste de la famille royale.

Le duc de Sussex, qui vit désormais en Californie avec son épouse Meghan et leurs deux enfants, se trouve actuellement au Royaume-Uni pour assister à un évènement caritatif.

Il a eu un mot pour sa grand-mère lors de cet événement dédié aux enfants malades: "Elle nous regarde tous ce soir, heureuse que nous soyons ensemble et que nous continuions à mettre en lumière une communauté aussi incroyable", a-t-il déclaré.

Selon les médias britanniques, il n'est pas prévu qu'il rencontre son père Charles, ni encore moins son frère William, qu'il a éreinté dans ses mémoires publiés en janvier dernier.

 

AFP

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