07.12.22
09:47

Le procès des attentats de Bruxelles va-t-il se poursuivre ?

Salah Abdeslam et quatre de ses coaccusés au procès des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles ont quitté mercredi matin la salle d'audience pour protester en particulier contre des conditions d'extraction jugées "indignes".  

"Tout ce qu'on veut c'est parler, tout ce qu'on veut, c'est se défendre", a assuré l'un d'eux, Ali El Haddad Asufi, pendant que ses voisins de box se levaient et partaient sans un mot.

Outre le Français Salah Abdeslam, le Belgo-Marocain Mohamed Abrini, le Suédois Osama Krayem et le Tunisien Sofien Ayari, tous déjà condamnés en France pour leur participation aux attentats du 13-Novembre à Paris, ont quitté le box. 

"Tout est fait pour qu'on se taise (...) tout est fait pour nous briser psychologiquement", a poursuivi Ali El Haddad Asufi, accusé de soutien logistique aux auteurs des attentats qui ont fait 32 morts à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem et dans le métro bruxellois. 

Il a demandé "des mesures dignes", comme "tous les justiciables". 

"Si personne ne parle, il ne peut pas y avoir de procès", a encore déclaré Ali El Haddad Asufi, dénonçant un "procès politique" avant de déserter le box à son tour. 

"Pour la cour d'assises, ce n'est pas un procès politique", a affirmé la présidente Laurence Massart.

"On va tout examiner à charge et à décharge", a-t-elle insisté.

Les protestations contre les conditions d'extraction et de transfert des sept accusés comparaissant détenus - deux autres sont libres et un dixième, présumé mort en Syrie, est jugé par défaut - avaient déjà marqué la première journée de débats lundi. 

Mohamed Abrini, connu comme "l'homme au chapeau" qui a renoncé à se faire exploser à l'aéroport de Bruxelles le 22 mars 2016, avait pris la parole pour critiquer des conditions de transfert "pitoyables" et "humiliantes", les yeux bandés avec de "la musique satanique à fond", ainsi que des fouilles à nu. 

L'avocat d'Ali El Haddad Asufi, Jonathan de Taye, avait, lui, dénoncé les génuflexions à nu et annoncé une mise en demeure du ministère de la Justice afin d'obtenir l'assouplissement des mesures de sécurité. 

Après cet incident d'audience, le ministère public poursuivait la lecture de l'acte d'accusation, un résumé des investigations de plus de 400 pages, devant un box quasi vide. 

Réaction des victimes

Communiqué express de l'ASBL Life4Brussels :

"Une victime présente a l'audience de ce jour, nous dit à juste titre que " bon nombre de victimes ont vécu des situations extrêmement dégradantes, ne pouvant plus uriner ou déféquer seules durant de long mois. Elles ont été mises à nu dans tous les sens du terme, ne sachant plus se prendre en charge seules, dépendant parfois d'étrangers pour continuer à vivre.

Cette victime dit que cela n'est toutefois pas une raison pour traiter les accusés de manière inhumaine et dégradante!

Ceci dit cette victime se dit qu'on demande souvent aux victimes de se mettre à la place des accusés, mais est-ce que les accusés se sont mis un seul instant à la place des victimes?

Quoi qu'il en soit, le spf Justice doit absolument remédier à la situation. Les victimes ont été maltraitées durant plus de 6 ans. Le spf justice en est clairement responsable. Il n'est pas question qu'à nouveau, le spf Justice fasse capoter les choses. Après la saga des box, aujourd'hui, une nouvelle saga risque de mettre à mal ce procès. Il n'est pas envisageable pour nous que les accusés ne prennent pas part à ce procès !!!!!

Le Conseil d'administration de l'AISBL Life4Brussels"

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