29.11.22
19:41

Mondial: les joueurs iraniens entonnent leur hymne contre les États-Unis

Les joueurs iraniens ont entonné sans enthousiasme leur hymne national avant la rencontre du Mondial-2022 contre les États-Unis, mardi à Doha, comme ils l'avaient fait lors de leur deuxième match et contrairement à leur première rencontre.

Le choix, décrit comme "collectif" par le capitaine Alireza Jahanbakhsh avant la Coupe du monde, de ne pas chanter lors de leur match d'ouverture face à l'Angleterre, avait été perçu comme un signe de soutien aux victimes des manifestations durement réprimées dans leur pays.

Cette rencontre Iran - États-Unis revêt un enjeu hautement politique puisque les deux pays n'entretiennent pas de relations diplomatiques et que l'Iran connait un mouvement de contestation inédit réprimé dans le sang par Téhéran.

Sur le plan sportif, l'enjeu est également capital: le vainqueur de cette rencontre sera qualifié pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde et le perdant sera éliminé.

Juste avant la rencontre, le couple Biden a tweeté son soutien aux joueurs américains, "Nous croyons que nous allons gagner".

Durant l'hymne, quelques sifflets sont descendus des tribunes du stade al-Thumama, alors que les joueurs sont apparus détendus dans le couloir menant à la pelouse, souriant parfois.

Avant la rencontre contre le pays de Galles, jeudi dernier, l'attaquant iranien Mehdi Taremi avait affirmé que les joueurs de la "Team Melli" ne subissaient "aucune pression" après avoir refusé de chanter l'hymne national contre les Anglais.

"Je n'aime pas parler de sujets politiques mais nous ne subissons aucune pression", avait déclaré l'avant-centre du FC Porto.

L'attaquant Mehdi Taremi, auteur d'un doublé face à l'Angleterre (défaite de l'Iran 6-2), avait par ailleurs refusé de s'étendre, devant la presse, sur la situation en Iran et les manifestations, réprimées dans le sang, consécutives à la mort le 16 septembre de la jeune Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs pour ne pas avoir respecté le code vestimentaire strict imposé par le régime.

Plusieurs joueurs iraniens, notamment la star Sardar Azmoun, un des héros de la victoire contre le pays de Galles lors du match précédent (2-0), ont dénoncé la répression sur les réseaux sociaux. Mais beaucoup de sympathisants des manifestants reprochent à la Team Melli son attitude, comme quand elle a été reçue par le président ultraconservateur Ebrahim Raissi avant son départ pour Doha.

Depuis le début de la contestation en Iran, le refus de chanter l'hymne de la République islamique est l'un des leviers des sportifs iraniens pour manifester leur solidarité avec le mouvement.

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