14.11.22
16:27

Attentat contre des policiers à Schaerbeek: Yassine Mahi, l’assaillant, disait vouloir "une vie normale"

Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne est revenu en détail sur l’attaque de policiers bruxellois de jeudi, devant la Commission de la Chambre

Le ministre de la Justice a détaillé le déroulé des faits face aux parlementaires, après les nombreuses questions soulevées par le drame qui a coûté la vie à Thomas Montjoie, un policier de 29 ans.

"Jeudi matin, vers 10 heures du matin, le magistrat de permanence du parquet de Bruxelles a reçu un appel de la zone de police de Bruxelles-Nord", a indiqué le ministre. "Un homme s’est présenté plus tôt en expliquant qu’il avait des pensées de violence contre les policiers, qu’il nourrissait une haine pour les policiers en faisant un lien avec un événement survenu dans sa jeunesse. Il dit avoir eu plusieurs fois envie de commettre des attentats contre la police. Il précise qu’il a besoin d’aide et ne veut pas commettre ce genre de faits, qu’il veut une vie normale".

Yassine Mahi est alors fouillé et aucun objet suspect n’est trouvé sur lui. Le ministre précise que "tout au long de cette matinée, il n’a pas eu un seul moment d’agression, de dispute ou de violence envers la police. Ce n’est pas non plus le cas durant le transfert vers l’hôpital Saint-Luc".

"Le magistrat contacté a pris contact avec le magistrat de service de la section grand banditisme et terrorisme. Ils ont parcouru ses antécédents, constaté qu’il n’y avait pas d’enquête contre lui depuis sa sortie de prison en 2019. Il s’est avéré qu’il était suivi par la cellule radicalisme, car durant son séjour en prison, il avait eu contact avec des détenus radicalisés". Le rapport indique que Yassine Mahi est décrit comme un "manipulateur". "Il s’est notamment plaint à la police de son logement, et réagissait parfois de manière agressive".

Mahi avait été condamné en mai 2010 à 14 mois de prison pour un vol avec violence. Libéré en juillet de la même année avec un sursis probatoire, il avait été remis en prison en mai 2013 jusqu’en juillet 2019, pour purger une nouvelle peine pour un autre vol avec violence et le reste de sa première peine, le sursis ayant sauté.

La police de Bruxelles-Nord a pris contact avec le magistrat de permanence. "Légalement, il y avait trois possibilités : l’arrestation judiciaire, le placement forcé ou le placement volontaire. Ces trois possibilités sont pesées dans le rapport du procureur général. Le comportement de l’individu ne répond pas à une arrestation judiciaire. Les critères n’étaient pas réunis, on ne pouvait pas déduire de ces propos qu’il menaçait véritablement de commettre ce délit. Sur la base des éléments du parquet, il n’y avait pas d’éléments pour douter de sa volonté de bénéficier de soins psychiatriques et la décision de ne pas appliquer de placement psychiatrique contraint était justifiée".

Le ministre précise que le parquet n’a pas pris cette décision à la va-vite. Mais la suite, on la connaît : Yassine Mahi a été emmené par des policiers à l’hôpital Saint-Luc, qu’il a ensuite quitté de lui-même sans attendre d’avoir été vu par un psychiatre.

Ce n’est pas la première fois que la coopération entre police et justice se trouve sous pression, a souligné Vincent Van Quickenborne, qui a précisé que le cadre légal manquait peut-être de clarté pour ceux qui travaillent sur le terrain. "Aucun contact n’a été pris entre la police et l’hôpital avant 18h40, le jeudi 10 novembre, moment auquel la police a appris sa disparition".

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