04.10.22
07:39

"Les narcotrafiquants ont perçu dans l'Europe occidentale un marché de croissance absolument incroyable"

Frédéric Van Leeuw, procureur fédéral, était l'invité de Martin Buxant.

De plus en plus de voix affirment que la Belgique est en passe de devenir ou est même déjà un narco-Etat. Une thèse renforcée par les 50 à 60 milliards d'euros de cocaïne qui transiterait par la Belgique chaque année, via le port d'Anvers notamment, ou encore la tentative d’enlèvement du ministre de la Justice.

Selon Frédéric Van Leeuw, la Belgique n'est pas un narco-Etat "puisqu'on parvient à empêcher certaines choses.

"Mais il faut quand même être conscient de la situation et des risques que représente cette importation de cocaïne et le fait que les narcotrafiquants, essentiellement les producteurs en Amérique latine, mais également toute une série de personnes qui sont haut placées dans les organisations criminelles, aient perçu dans l'Europe occidentale un marché de croissance absolument incroyable."

Le procureur fédéral redoute que la Belgique se dirige doucement vers des situations à "la néerlandaise".

"Les Néerlandais ont été confrontés à pas mal de problèmes, à des meurtres par erreur aussi. Des gens ont été tués par erreur et donc ça, on voudrait absolument éviter en Belgique."

Concernant la situation au port d'Anvers, Frédéric Van Leeuw explique qu'il y a une tension entre "le modèle économique avec le désir de garder une concurrence et le fait de mettre un peu plus de sécurité."

"Au plus, on augmente la sécurité, au plus, il y aura un impact économique. Des gens vont éviter d'envoyer des conteneurs vides à Anvers, car il y aura plus de contrôles. Donc, c'est un débat éthique. Si on est trop sévère, on perd des places concurrentielles par rapport à Rotterdam et c'est le débat sur toute la criminalité organisée. Quand vous attaquez la criminalité organisée quelque part, vous perdez de l'argent parce que vous devez investir dans les services de police et au niveau économique,  vous perdez des places concurrentielles."

Dans le reste de l'interview, le procureur fédéral évoque le procès des attentats de Bruxelles.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans la vidéo ci-dessus

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