04.10.22
18:47

Comment les diamants belges échappent-ils aux sanctions contre la Russie ?

Depuis de la début de la guerre en Ukraine, l’Union Européenne a sanctionné des secteurs entiers de l’économie russe. Mais dans la longue liste des interdictions, une industrie brille par son absence, celle des diamants.

Cinq pays membres de l'Union européenne ont proposé d'interdire l'importation de diamants extraits en Russie alors que les Vingt-Sept préparent une nouvelle salve de sanctions contre Moscou, mais cette mesure qui requiert l'unanimité a jusqu'à présent suscité des réticences en Belgique.

Une telle mesure affecterait les intérêts de la Belgique, dont l'industrie du diamant représente 5% des exportations et emploie 30.000 personnes. A savoir également que plus de 70 % des diamants dans le monde proviennent d'Anvers. Selon les derniers chiffres de la banque nationale belge, les importations de diamants avec la Russie ont même atteint un niveau record en juin dernier.

Le World Diamond Centre d'Anvers, plus grand centre de commerce de diamants du monde, estime qu'il perdrait 30% de son chiffre d'affaires s'il ne pouvait plus vendre de diamants en provenance de Russie, et que cela profiterait à d'autres pays qui n'appliquent pas de sanctions contre Moscou.

Le Premier ministre belge Alexander de Croo a lui-même estimé le 14 septembre que des sanctions visant les diamants russes représenteraient une "grosse perte" pour son pays, tout en assurant n'avoir "jamais bloqué de mesures liées au secteur du diamant".

Le ministère des Affaires étrangères et la représentation belge auprès de l'UE n'ont pas répondu aux sollicitations de Reuters à propos de la proposition des cinq pays.

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