24.09.22
18:39

Plus de 700 manifestants contre la mobilisation arrêtés en Russie en un jour

 

Les autorités russes ont arrêté samedi plus de 700 personnes lors de manifestations contre la mobilisation de réservistes pour combattre en Ukraine, décrétée cette semaine par le président Vladimir Poutine, a rapporté une ONG.

Selon OVD-Info, une organisation spécialisée dans le décompte des arrestations, au moins "710 personnes ont déjà été interpellées dans 32 villes" à travers la Russie, dont près de la moitié à Moscou.

Dans la capitale russe, un important dispositif policier avait été déployé dans le quartier central de Tchistye Proudy, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La plupart des manifestants présents déambulaient ou restaient immobiles de façon individuelle ou par petits groupes pour ne pas être repérés et arrêtés. Malgré tout, l'AFP a assisté à l'interpellation d'une vingtaine de personnes.

"Nous ne sommes pas de la chair à canon !", a lancé une jeune femme pendant que des policiers en casque anti-émeute l'entraînaient à l'écart. Il s'agit de l'un des slogans des manifestants opposés à l'envoi de mobilisés en Ukraine.

A Saint-Pétersbourg (nord-ouest), deuxième ville du pays, l'AFP a vu une trentaine de personnes être emmenées à bord d'un bus de la police.

Là aussi, les protestataires tentaient de se faire discrets.

Ilia Frolov, 22 ans, a apporté une petite banderole avec le mot "paix" écrit dessus. "Je veux exprimer mon désaccord avec ce qui se passe (...) Je ne veux pas me battre pour Poutine", dit-il.

"Je suis contre la guerre et la mobilisation. J'ai peur pour les jeunes", explique une autre habitante, Natalia Doubova, âgée de 70 ans.

Mercredi, le jour de l'annonce de la mobilisation par M. Poutine, près de 1.400 manifestants avaient été arrêtés à travers la Russie.

Certains d'entre eux, dont deux avec lesquels l'AFP a pu s'entretenir, ont raconté que les autorités leur avaient remis un ordre de mobilisation au commissariat.

Le Kremlin a défendu cette pratique, en assurant qu'elle n'était pas "illégale".

Les manifestations contre l'offensive en Ukraine sont durement réprimées en Russie. Plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées depuis le début du conflit en février.

En revanche, des centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Moscou et Saint-Pétersbourg pour soutenir l'offensive et l'annexion de zones contrôlées par la Russie. Sans être inquiétées.

Dans le même temps, le président russe Vladimir Poutine a signé samedi des amendements prévoyant jusqu'à 10 ans de prison pour les militaires qui se rendent ou refusent de combattre en période de mobilisation, comme c'est le cas actuellement.

Par ailleurs, les autorités russes ont reconnu samedi un afflux "important" de voitures cherchant à se rendre en Géorgie, en pleine mobilisation pour combattre en Ukraine, avec quelque 2.300 véhicules comptabilisés à un seul poste-frontière

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