15.08.22
15:06

Feux en Gironde: "cernés par les fumées", les riverains à l'affût des reprises

A l'arrière de son 4x4, Alain Chollon a entassé une dizaine de bidons. "Affolé" par les flammes qui ont grignoté la pinède à 600 mètres de sa maison, cet habitant de Saint-Symphorien (Gironde), arrose les fumerons qui s'élèvent encore autour de chez lui

Jeudi après-midi, le retraité de 70 ans quittait son domicile lorsqu'il a aperçu des flammes dans la forêt voisine. "J'ai appelé aussitôt les pompiers, un peu affolé. Ils sont arrivés dans le quart d'heure. Des Canadair sont ensuite venus en renfort", explique Alain Chollon, t-shirt blanc et short brun. 

Mi-juillet, l'incendie s'était arrêté à 150 mètres de chez lui. Un mois plus tard, alors même que toutes les fumées n'étaient pas encore éteintes à l'arrière de son jardin, les flammes sont passées à peine plus loin. 
A quelques kilomètres de sa maison, des pompiers casqués aspergent encore à la lance des arbres roussis. "Je suis cerné par les fumées", soupire le retraité qui a sillonné l'orée de la forêt toute la matinée, coffre plein d'eau et téléphone à la main. 

Depuis mardi, 7.400 hectares sont partis en fumée dans le sud de la Gironde et le nord des Landes. 10.000 riverains ont dû quitter leur domicile. Evacués en juillet lors du dernier feu, les habitants de Saint-Symphorien ont cette fois pu rester chez eux. "On espère que cela va rester comme ça. On guette les nouvelles. La dernière fois, j'avais dû fermer ma boutique, pour le commerce c'est dramatique", explique Sandra Anckaert, gérante du tabac de la commune. 


Habitations détruites

A trente kilomètres de là, 5.000 des 6.000 habitants de Belin-Béliet ont, eux, dû quitter leur domicile dès mardi dans la nuit. Seize habitations et granges ont été détruites par les flammes, selon le maire de la commune.  

Trois jours après, les rues sont désertes et presque tous les volets sont baissés. Dans certaines allées, ballons et jouets traînent, abandonnés. 

Les gendarmes de Belin-Béliet patrouillaient vendredi à l'affût de reprises de feu, d'éventuels pilleurs et à la recherche d'habitants récalcitrants. "Si l'on croise des personnes qui ont refusé de partir, on tente une médiation, on fait appel à leur médecin ou bien au maire", raconte le gendarme Geoffroy Pourcelot, en sonnant à la porte d'une maison dont les volets sont ouverts. 

Gérant de la boucherie du village, Yoan Demondion a obtenu auprès de la mairie un laissez-passer qui lui permet en journée d'accéder à sa boutique. Et de prévenir les autorités s'il croise en chemin une reprise. 
"On a déjà jeté plus de 500 kg de viande. On ne dort pas beaucoup en ce moment", raconte le jeune homme. Pour éviter le gâchis, il fait désormais don de ses produits à l'école de Belin-Béliet, qui prépare des repas pour les pompiers. 

"Il y a ici une vraie solidarité, qui fait chaud au coeur malgré tout", souligne le maire de la commune, Cyrille Declercq. 
A Saint-Symphorien, Alain Chollon restera tout le week-end "sur (ses) gardes", prêt à rappeler les pompiers ou à prévenir les voisins au moindre retour de flamme. 

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