10.08.22
12:22

Au coeur des incendies en Gironde

Une vidéo publiée par les services d'urgence français ce mardi 9 août montre des équipes de pompiers circulant sur une route entourée par le feu. Dans un message sur les médias sociaux joint à la vidéo, les pompiers français ont décrit un "retour de l'enfer", souhaitant courage et prudence aux "soldats du climat."

Un feu qui "s'était enterré" depuis la mi-juillet dans le secteur de Landiras (Gironde) a repris avec vigueur depuis mardi après-midi dévorant sur son passage 6.000 hectares de forêt et forçant l'évacuation de 6.000 personnes dans ce secteur des Landes de Gascogne.

C'est un feu "très vigoureux" qui a progressé "toute cette nuit sur le sud-est" de Landiras, théâtre d'un gigantesque incendie en juillet, a résumé devant la presse Martin Guespereau, préfet délégué de la Gironde.

De 400 ha de surface brûlée mardi soir, le bilan a grimpé à 6.000 ha dans la nuit. Un "feu majeur", "beaucoup plus virulent et rapide" cette nuit qu’en juillet, a décrit à son tour le contrôleur général Marc Vermeulen du corps des sapeurs-pompiers du SDIS 33.

Les fumées épaisses posant des "problèmes de visibilité", la préfecture a décidé de couper dans les deux sens l'autoroute A63 de Bordeaux à Bayonne. 

Face à la progression des flammes, 3.600 personnes ont été évacuées mardi dans la nuit des communes de Saint-Magne, Belin-Béliet et Hostens, 2.000 sont "en cours d’évacuation" et 200 dans les Landes "et il est probable que le chiffre s’alourdisse durant la journée", a souligné Martin Guespereau. 

 

Un feu nourri dans la tourbe

Dans la nuit, la préfecture des Landes voisine avait annoncé que l'incendie girondin avait "progressé défavorablement pour atteindre le département (...) en milieu de nuit".

"Ce sont des situations très difficiles pour des personnes qui ont déjà été évacuées en juillet au moment où le feu d’à-coté avait pris et qui retrouvent cette situation angoissante", a souligné le préfet délégué de la Gironde.

Ce feu de Landiras qui a ravagé en juillet près de 14.000 hectares de forêt, sans faire de victimes, n'a "jamais été déclaré éteint" et était depuis toujours placé sous une surveillance constante.

Mais il a repris de plus belle mardi après-midi à la faveur d'une "météo extrêmement défavorable par la canicule, par la sécheresse de l’air, par le record historique de la sécheresse de la végétation et par le fait que nous avons ici beaucoup de tourbe (dans le sol), ce qui fait que le feu de juillet ne s’était pas arrêté, (...) il s’était enterré", a expliqué le préfet, en évoquant une journée de "très grand risque". 

Quelque 500 sapeurs-pompiers sont engagés sur ce "chantier", appuyés par des moyens aériens (deux canadairs, un dash et trois hélicoptères à venir) et des renforts venus du sud sont attendus.

"Des actions de brûlage tactiques vont être mises en oeuvre pour limiter sa progression, le contrarier au maximum", a indiqué le contrôleur général Marc Vermeulen du corps des sapeurs-pompiers du SDIS 33.

Malgré le combat de toute une nuit, 16 maisons ont été endommagées dans la nuit, "mais on a pu en protéger un certain nombre", a relevé le patron des pompiers, qui déplore de son côté "six camions brûlés". 

De son côté, la gendarmerie a annoncé renforcer "la lutte contre les incendiaires". 

Pour la seule journée de mardi, les pompiers ont eu à traiter pas moins d'une quarantaine d'autres départs de feu. "Aucun n'a dérapé mais à chaque fois, ça monopolise l'action des pompiers", a souligné Marc Vermeulen du SDIS 33.

La Gironde a été frappée à la mi-juillet par deux incendies "hors normes", l'un à Landiras, à 40 km au sud de Bordeaux, le second à la Teste-de-Buch sur le bassin d'Arcachon, qui ont dévoré 20.800 hectares de forêt, entraînant l'évacuation de plus de 36.000 personnes.

Le feu sur le bassin d'Arcachon, près de la Dune du Pilat, a été maîtrisé le 29 juillet mais celui de Landiras, toujours également très surveillé par les pompiers, n'avait été que fixé le 25 juillet.

La France et particulièrement le sud-ouest, est actuellement à nouveau touchée par un épisode de canicule aggravant chaque jour davantage une sécheresse historique.

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