03.08.22
14:35

Jusqu'à 33 degrés aujourd'hui, à quoi s'attendre pour le reste de la semaine ?

Ce mercredi après-midi, les températures atteindront ou dépasseront les 32 degrés sur une partie significative de plusieurs provinces ainsi que dans les grandes agglomérations. Ce sera également le cas ce jeudi, mais surtout sur la province de Luxembourg. Prenez vos précautions durant ce pic de chaleur, prévient l'Institut royal météorologique.

L'IRM a d'ailleurs placé plusieurs zones du pays en alerte jaune chaleur, jusqu'à vendredi minuit.

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Ce soir et cette nuit, le ciel restera peu nuageux à serein. En fin de nuit, des nuages bas pourraient atteindre la région côtière. Les minima se situeront entre 12 et 17 degrés en Ardenne, entre 17 et 19 degrés dans la plupart des autres régions, mais seront compris entre 20 et 22 degrés au cœur de certaines grandes agglomérations, prédit l'IRM.


Jeudi

La journée de ce jeudi pourrait débuter sous les nuages bas dans la région côtière et du Westhoek; ceux-ci laisseront toutefois rapidement place à un temps ensoleillé. Ailleurs, le soleil sera aussi souvent présent mais sera parfois voilé par des champs de nuages élevés ou moyens.

Dans le courant ou en fin d'après-midi, des averses, voire des cellules orageuses, pourraient se développer de manière isolée; ce risque concernera essentiellement l'est et, dans une moindre mesure, le centre pays.

Il fera encore assez chaud avec des maxima de 27 à 30 degrés sur une large partie centrale du pays, de 29 à 31 degrés en Ardenne, et jusqu'à 33 ou 34 degrés en Lorraine belge. En Flandre Occidentale, les températures seront déjà en baisse avec des maxima de 22 à 27 degrés, indique l'IRM.


Vendredi

Vendredi, des averses (orageuses) toucheront d'abord encore essentiellement la moitié sud-est du pays. Dans l'ouest du pays, une averse isolée sera toujours possible en matinée. L'après-midi, le temps deviendra sec partout et plus ensoleillé depuis l'ouest. Les maxima se situeront entre 19 ou 20 degrés à la mer ainsi qu'en Hautes-Fagnes et 25 ou 26 degrés en Lorraine belge.


Samedi et dimanche

Samedi, après une matinée fraîche, le temps sera sec et ensoleillé avec quelques voiles d'altitude passagers et, dans l'intérieur des terres, aussi quelques cumulus en cours de journée. Les maxima varieront de 20 à 25 degrés, sous un vent modéré de nord-est.

Dimanche aussi, le temps sera sec avec du soleil et sans doute un peu plus de champs de nuages élevés. Les températures seront à nouveau fraiches en début de journée, avant d'atteindre des valeurs de 21 à 26 degrés l'après-midi. Le vent restera modéré de secteur nord-est. A la mer, le vent deviendra assez fort de nord-nord-est l'après-midi.

 

La France sous les ardeurs d'un nouvel épisode caniculaire

Entre restrictions et inquiétudes, la France affronte mercredi la journée la plus chaude du troisième épisode caniculaire enregistré depuis juin, avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C dans le Sud-Ouest et une sécheresse chaque jour plus marquée.

"La journée de mercredi sera la plus chaude à l'échelle nationale", avertit Météo-France, mais le pic de chaleur sera encore présent jeudi "en se décalant vers l'Est".

"Entre mercredi et jeudi les maximales seront souvent supérieures ou égales à 35°C avec des pointes à 39 ou 40°C sur le Sud-Ouest", précise Météo-France, qui a placé 26 départements en alerte orange canicule.

Cette vague de chaleur sera plus courte que la précédente, prévoit Météo-France, qui ne se prononce pas encore sur sa durée. La dernière en date a pris fin le 25 juillet et a duré 14 jours.

"On est inquiet (de) ces répétitions rapprochées de vagues de chaleur", qui "ne permettent pas aux organismes de revenir à un fonctionnement normal", a expliqué Isabelle Bonmarin de Santé publique France (SPF).

"On s'attend à une surmortalité dès qu'on passe en canicule (...) et notamment les 75 ans et plus", a ajouté son collègue Robin Lagarrigue, indiquant qu'un "bilan sera fait à la rentrée, en septembre".

En attendant, dans les centre-villes surchauffés, c'est la ruée sur l'eau: "on vend 100 bouteilles par jour, contre 20 d'habitude, alors que les Lyonnais sont en vacances. On ravitaille en permanence!", relate ainsi un employé du kiosque à journaux Le Viste, en face de la place Bellecour.  

 

Sécheresse des sols 

Sur différents fronts de feux de forêt, en Haute-Corse comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, la situation était en tout cas stabilisée mercredi matin. De même, le trafic des trains TER et TGV, interrompu mardi après-midi dans les Landes en raison d'un incendie, a repris "progressivement" mercredi matin, le feu ayant été fixé.

Cette chaleur ne fait que renforcer la sécheresse. Juillet 2022 est "au second rang des mois les plus secs tous mois confondus" en France depuis le début des mesures en 1958-1959, avec un cumul de précipitations agrégées de 9,7 millimètres, soit un déficit de précipitations d'environ 84% par rapport aux normales, selon Météo-France. Et "on est en situation de sécheresse record pour l'humidité des sols depuis le 17 juillet au niveau national", a indiqué Jean-Michel Soubeyroux, climatologue chez Météo-France

A Gérardmer, (Vosges), le débit des sources est tellement faible que, depuis mercredi, la commune approvisionne avec l'eau du lac son réseau d'eau public. Résultat: l'eau sera déclarée non-potable, a priori pour 48h, le temps de réaliser des tests bactériologiques. Ce n'est pas une première, mais cela n'est jamais arrivé "aussi tôt" et "on a deux mois d'avance par rapport à des étés chauds", s'alarme le maire Stessy Speissman.

En haute-Corse le préfet a lancé un appel solennel, mettant en garde contre une "crise sévère inéluctable sans un effort collectif et solidaire de tous".

"En ce début août, les sols sont (...) encore plus secs qu'ils ne l'étaient à la même date en 1976 et en 2003. D'ici le milieu du mois d'août, il est probable que cette situation s’aggrave encore, et que le record absolu de sécheresse des sols superficiels qui date de 2003 soit battu", précise Météo-France.

"J'ai vu mes fleurs d'olives griller", déplore ainsi Jean Berneau, oléiculteur à Lagorce (Ardèche). "Les olives noircissent, elles se rident et ont un calibre anormal", poursuit l'exploitant, 64 ans, qui, après avoir tiré 2 tonnes d'huile de ses olives en 2021, ne s'attend pas à en produire plus de 400 litres cette année. "Ca risque d'être dramatique...".

Autre conséquence de la canicule: EDF a annoncé de possibles "restrictions" de production à sa centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), en raison des "prévisions de température élevées sur le Rhône", dont l'eau sert à refroidir les réacteurs, qui pourrait conduire "à l'arrêt d'une tranche".

Alerte aussi sur le Rhin, où les bateaux doivent s'alléger d'un tiers en raison "des problèmes d'enfoncement", a prévenu Voies navigables de France. Près de 600 km de canaux sont également fermés, notamment dans le Grand Est et en Bourgogne, affectant les activités de plaisance.

Idem pour le niveau de la Garonne: à Toulouse, les pêcheurs à la ligne devaient se poster au milieu du lit du fleuve mercredi et des compagnies ont dû annuler de croisière reliant les quais de Bordeaux aux vignobles en amont.  


"Le climat 2020 on peut l'oublier" 

Sécheresse et canicule sont "la manifestation du réchauffement climatique, aujourd'hui plus personne" ne le "remet en cause", a expliqué mercredi matin la ministre de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher sur Cnews. "Le climat 2020 on peut l'oublier, et le climat 2022 est peut-être le plus frais des années à venir".

L'hydrologue Emma Haziza va plus loin: "il va falloir réfléchir à une nouvelle forme d'agriculture", a-t-elle dit sur France 2. Et d'interroger: "peut-on encore se permettre de continuer" à cultiver du maïs "qui a besoin d'énormément d'eau en surface?".

"On ne voit pas de sortie dans l'immédiat à cette situation de sécheresse. (...) Il faudrait un mois de précipitations excédentaires avant de retrouver une situation normale", corrobore Jean-Michel Soubeyroux.

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